‹ Physiologie de la lecture et de l'écritureChapitre 88 sur 147 · XVII. — TYPOGRAPHIE COMPACTE · texte numérisé non relu

XVII. — TYPOGRAPHIE COMPACTE

les caractères modernes pour les impressions les plus fines, qu'il ne convient pas d'accepter pour les livres destinés à l'enfance.

Ainsi, sous les rapports de la distribution des pleins et des déliés, les caractères de différentes grandeurs ne doivent pas être semblables. En partant de caractères anciens pour les plus grosses impressions, il faut graduellement diminuer les déliés plus que les pleins à mesure qu'on grave des caractères plus fins et aboutir, par transitions insensibles, aux types modernes, seuls convenables pour les impressions très fines. La preuve de ces assertions repose sur des expériences qui ont été décrites plus haut (Chap. X).

Dans la suite de cetteétude, nous aurons souvent à comparer la lisibilité de différents caractères. Le moyen le plus simple d'effectuer cette comparaison consiste à s'éloigner graduellement de la page imprimée, posée verticalement : le caractère le plus net est celui qui reste le plus longtemps lisible. Ce procédé a soulevé quelques objections. Une manière de faire qui est à l'abri de tout reproche consiste à confier l'expérience tantôt à un myope, qui devra se tenir un peu au delà de la distance où il voit distinctement, tantôt à un presbyte, qui regardera sans verres ou avec des verres correcteurs insuffisants : les résultats obtenus sont généralement concordants avec ceux que donne le procédé indiqué en premier lieu. On peut aussi se rendre artificiellement myope ou presbyte au moyen de verres appropriés. Enfin, on peut lire à la lueur d'une source lumineuse quelconque, dont on s'éloigne graduellement avec le livre pour diminuer successivement l'éclairage, jusqu'au moment où l'un des caractères à comparer cesse d'être lisible. Ce dernier moyen donne des résultats notablement différents, car il avantage tout particulièrement les caractères gras. Il importe de l'appliquer pour les livres classiques destinés aux jeunes enfants, qui ne sont presque jamais ni myopes, ni presbytes et qu'on force souvent à lire dans des locaux mal éclairés, tandis que le second moyen se recommande par lui-même aux éditeurs de journaux, puisque les journaux doivent être lisibles même pour les adultes dont la vue est défectueuse.

Pour terminer ce paragraphe, nous répétons successivement cet alinéa en caractères de la Revue où cette étude a paru en 1881, en caractères extrêmement grêles et en

caractères de M. Motteroz, qui a eu l'excellente idée d'améliorer les caractères modernes en réduisant la longueur des déliés.

Pour terminer ce paragraphe, nous répétons successivement cet alinéa en caractères de la Revue, en caractères extrêmement grêles et en caractères de M. Motteroz, qui a eu l'excellente idée d'améliorer les caractères modernes en réduisant la longueur des déliés.

Pour terminer ce paragraphe, nous répétons successivement cet alinéa en caractères de la Revue, en caractères extrêmement grêles et en caractères de M. Motteroz, qui a eu l'excellente idée d'améliorer les caractères modernes en réduisant la longueur des déliés.

Pour terminer ce paragraphe, nous répétons successivement cet alinéa en caractères de la Revue, en-caractères extrêmement grêles et en caractères de M. Motteroz, qui a eu l'excellente idée d'améliorer les caractères modernes en réduisant la longueur des déliés.

Fig. 53.

On voit par le premier des trois groupes de la figure cidessus comment les choses ont évolué depuis 1881, car je ne crois pas que personne aurait actuellement l'idée de choisir pour imprimer une Revue, ce caractère huit genre anglais interligné de trois points.

DES EMPATEMENTS.

Pour compléter le dessin des caractères typographiques, il nous reste à parler des traits terminaux ou empâtements qui terminent les jambages. Ces parties secondaires, qui correspondent aux apices des anciens Romains, ne nous paraissent pas avoir simplement un but d'ornement, ni résulter uniquement de la tradition. Il nous semble, au contraire, que les empâtements, qui apparaissent en Angleterre dès le vne siècle, ont été employés par les calligraphes italiens, imités vers 1470, par les typographes établis à Subiaco, à Venise et

TYPOGRAPHIE COMPACTE

à Paris, et conservés jusqu'à nos jours, pour augmenter la lisibilité des caractères.

En effet, un jambage de lettre n'est autre chose qu'un rectangle noir tracé sur fond blanc. Or tous les physiciens savent qu'un pareil rectangle, vu de loin, ne paraît pas précisément tel qu'il est ; l'irradiation a pour effet, non seulement d'en réduire les dimensions apparentes, mais encore d'en arrondir les angles. Les choses se passent évidemment de même pour un rectangle de petite dimension, vu à la distance la plus courte de la vision distincte. Si nous voulons que les jambages nous paraissent terminés bien carrément, il faut renforcer les angles. De là à les renforcer plus qu'il n'est nécessaire, il n'y avait qu'un pas ; il avait déjà été franchi par les capitales lombardes dont voici un spécimen (Fig. 54-), emprunté à la Paléographie universelle de Silvestre; il l'a été aussi par les calligraphes, qui ne pouvaient pas faire les traits terminaux aussi petits qu'il eût été désirable. De plus, ne pouvant s'attarder à leur donner la forme compliquée, demandée par une théorie dont ils n'avaient même pas nettement conscience, les écrivains se bornaient à faire des traits droits, obliques dans le haut des lettres, pour la facili-

Fig. 54.

té de l'exécution, horizontaux dans le bas, où des traits obliques eussent été trop choquants, l'empâtement du bas formant, pour ainsi dire, un socle sur lequel paraît reposer la lettre (1).

(1) Le Grec archaïque de sept points n°2, du spécimen de 1845 de l'Imprimerie Nationale, nous donne une autre solution du problème.

Les types de ces deux corps, qui servent à reproduire les inscriptions du siècle d'Auguste, ont été gravés par Léger Didot, pour M. le comte de Clarac, qui les a cédés en 1844 à l'Imprimerie Royale.

{Voir Fig. 55), le spécimen de 1878, de Clarac, Musée de sculpture antique et moderne, in-8°, 1826-1855 :

AnEÀABHN EH ISHANIAS KAI TAAATIAS KAI PIA PAAAA/AATJXN PI AP0DY STPÎ^NSTP ATE YM A Fig. 55.

Cependant, vers la fin du xve ou le commencement du xvie siècle, nous voyons apparaître des empâtements assez conformes à la théorie, légèrement triangulaires, qui ont été conservés avec un peu d'altération par Garamond (Voir plus haut, page 21, spécimen des caractères de Garamond) et par conséquent, dans les éditions des Elzevier. Nous avons eu occasion de voir, à la vente des autographes de feu M. Taupier, professeur d'écriture, un étonnant manuscrit de Barbedor, illustre calligraphe du xvne siècle, où les traits inférieurs des lettres, vus à la loupe, offraient des empâtements de la meilleure forme.

Dans l'important travail que nous avons déjà cité, Jaugeon dessinait des empâtements d'une extrême élégance (Voir les Fig. 7 et S, pages 22 et 23).

Malheureusement Grandjean, malgré ses relations quotidiennes avec Jaugeon, donna une forme trop droite aux empâtements qui, chez Luce, deviennent de véritables traits terminaux, tels qu'on les emploie en France depuis plus de cent ans. Ces empâtements ont le double défaut d'être absolument droits et beaucoup trop longs. Cette exagération de longueur, contraire à toute raison, a eu pour conséquence une exagération de finesse, car, lorsque les traits terminaux d'un n, par exemple, se touchent presque par le bas, ce qui risque de le faire confondre avec un u, il faut amincir ces traits au point de les rendre presque invisibles (Voir plus haut, page 24, le fac-similé des caractères de Grandjean).

Indépendamment des inconvénients théoriques signalés plus haut, les empâtements droits, longs et minces, devenus classiques en France, ont le défaut de pécher par une extrême fragilité ; pour empêcher les empâtements de se briser, lorsque les lettres tombent dans les casses pendant la distribution, ou sous la pince du corrigeur, ou bien enfin pendant le tirage, il convient d'augmenter leur épaisseur, et cela oblige à en diminuer la longueur pour qu'ils n'acquièrent pas une importance exagérée. De plus, le point de rupture naturelle se trouvant à l'angle formé par le jambage et le trait terminal, il est tout indiqué de renforcer cet angle en l'arrondissant. Par une heureuse coïncidence, ces considérations, déduites uniquement du besoin de solidité, nous conduisent à des formes analogues à celles qui con-

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