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XVII. — TYPOGRAPHIE COMPACTE

composé en neuf plein, ainsi qu'on peut s'en assurer par la coïncidence de la typographie, ligne pour ligne, avec l'échelle neuf d'un lignomètre quelconque. Si nous plaçons une série de lettres longues, telles que p, q, g, y, ue sorte qu'une série d'autres longues, comme b, d, h, 1, viennent se placer exactement au-dessous, on voit que ces lettres se touchent presque, ce qui produirait un effet extrêmement désagréable dans les impressions non interlignées, si les coïncidences de ce genre se produisaient fréquemment. Dans l'exemple actuel, le talus est assez faible ; le plus souvent, dans les caractères compacts, le talus est à peu près nul.

Le passage plein, c'est-à-dire non interligné, qu'on vient de lire, permet de mesurer (sans lignomètre) à l'œil nu la pointure du caractère employé ; en effet, dix lignes de ce caractère mesurant 33 millimètres 84, une ligne mesure 3 millimètres 38; en divisant par 0,376, il vient 9. Nous avons donc affaire à du neuf.

Nous allons, chemin faisant, donner quelques exemples des caractères le plus habituellement employés.

Les lettres de cinq points, dont cette ligne est un exemple, sont difficilement lisibles.

Les caractères de six points, de deux millimètres et trois dixièmes de hauteur, ne sont pas facilement acceptés, bien qu'ils soient parfaitement lisibles pour un vue passable, comme le lecteur vient de s'en convaincre.

Le sept même n'est pas d'une lecture agréable à la longue, et il est rarement employé par les éditeurs français.

Le huit est acceptable pour des livres de petit format, et on le rencontre très fréquemment.

Cependant, en France, c'est le neuf qui est le plus employé pour les livres et pour les articles de fond des journaux ; rappelons que sa hauteur est de 0,38 X 9=» 3,4 millimètres. Le présent livre est imprimé en neuf.

Enfin, le dix sert pour les premier Paris des journaux, pour les beaux livres de grand format ; les caractères plus grands n'ont, en réalité, aucun avantage.

Dans les journaux français, on emploie habituellement du 7,

du 8, du 9 et du 10. Les annonces étant payées d'après la place qu'elles occupent, si le public consentait à lire du 6, les industriels en feraient usage ; mais l'expérience leur a appris à ne pas prendre de caractère inférieur au 7.

Dans les imprimeries bien montées, on n'emploie dans un même ouvrage que des caractères de même famille; en d'autres termes, si l'on imprime, par exemple, un livre en 9, certaines intercalations en 8 et les notes en 7, ces trois caractères doivent être analogues. Nous raisonnerons tout d'abord, dans ce qui suit, comme si les caractères d'une même famille étaient exactement des réductions photographiques d'un même type.

La question des dimensions à donner aux lettres s'est posée dès l'invention delà typographie. Depuis cette époque, la lettre manuscrite et la lettre moulée, absolument identiques au début, ont suivi deux voies divergentes. Les premiers livres de Gutenberg furent vendus pour des manuscrits; qui donc, aujourd'hui, confondrait une page imprimée avec une page écrite à la main ?

Nous l'avons vu, le bon marché du papier et le besoin de faire vite ont donné à notre écriture son aspect lancé; en même temps, pour une raison opposée, les caractères typographiques ont dû se tasser, car la dépense du papier, pour l'éditeur, se multiplie par le chiffre du tirage.

De quelle manière ce tassement s'est-il opéré depuis plus de quatre siècles ? Les procédés employés pour ménager l'espace sont-ils susceptibles d'amélioration ?

Il est clair que si le papier ne coûtait rien, cette question perdrait beaucoup de son intérêt ; on mettrait de larges interlignes, et on espacerait amplement les lettres, qu'on ferait suffisamment grosses pour être bien lisibles et auxquelles on donnerait les dimensions classiques. Appelant corps la hauteur des lettres courtes, on laisserait, comme au siècle dernier, les lettres longues dépasser d'un corps par en haut et par en bas : il n'est pas difficile de faire « bonne chère avec beaucoup d'argent ».

Mais pour les manuels et les dictionnaires qui doivent être portatifs, pour les journaux à grand tirage et pour les livres classiques, les livres primaires surtout, il est impossible de conseiller une solution qui n'économiserait pas le papier, car le public ne consentant pas à une augmentation

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