CHAPITRE* VIII
Première réflexion profonde.
1 n’v a pas plusieurs manières d’être heureux avec les femmes. O11 ne fait pas la cour à une femme de Paris comme on la ferait à une femme de province, mais on en triomphe de la même façon.
Il faut toujours dire à une Parisienne, comme à une provinciale , qu’on a quelque chose d’où
dépend sa vie et la vôtre à lui communiquer , et lui demander un rendez-vous à minuit.
La provinciale allumera sa lanterne sourde, marchera sur la pointe des pieds, et viendra vous ouvrir la porte dérobée du jardin.
La Parisienne fera monter son portier , elle lui mettra une pièce quelconque dans la main, lui demandera des nouvelles de son bouvreuil, et, en remuant quelque meuble , elle lui dira : — Pierre, Matthieu, Duval, ou tout autre nom de portier, j’attends du monde ce soir.
— Ah ! ah ! — répondra le portier.
— Vous ne ferez pas attendre le cordon , n’est-ce pas? On se réunira à une heure du matin.
Deuxième Ah ! ah !
— Il y aura une personne.
Troisième Ah ! ah î
Le soir vous frapperez à la porte cochère, un homme, ayant Pair parfaitement endormi, viendra vous ouvrir en faisant semblant de se frotter les yeux. Vous gravirez les escaliers avec les ailes de l’Amour, et vous serez heureux, si vous l’ètes.
Ce système est le seul usité à Paris, à moins qu’on n’emploie l’échelle de soie.
Ce qu’une bourgeoise fait avec son portier , une femme de banquier le fait avec son concierge, une baronne avec sa camériste, et ainsi de suite.
Nous devons ajouter qu’en province il est bon d’ajouter en post-scriptum à la lettre qui demande un rendez-vous , qu’on est décidé à se brûler la cervelle, si on ne l’obtient pas.
A Paris, ce n’est pas nécessaire.