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QUAI DES AUGU9TINS

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PRÉFACE

leurs relations réciproques, voilà en effet toute la

science. Malebranche a cru pouvoir l’embrasser tout

entière, et beaucoup d’autres ont eu la même prétention. Ce n’a jamais été la mienne, non-seulement parce que j’ai toujours bien senti ce que peuvent porter mes faibles épaules, mais parce que je crois connaître ce que peuvent porter les épaules les plus fortes. Il y a des choses qu’il faut se résoudre à croire sans les savoir. Dieu et la vie à venir sont de ces choses -là. J’ai assez lu, entendu et fait de philosophie, pour être bien convaincu que de cela la philosophie ne sait et ne saura jamais plus que le premier passant de la rue , et qu’en dehors du catéchisme elle n’a, comme lui, qu’à se résigner à l’aspiration et au doute. Comme Sisyphe, depuis des siècles, elle ne fait, sur ces questions, que pousser au sommet de la montagne un rocher qui retombe toujours. De temps à autre, et sans qu’on sache trop pourquoi, elle ressaisit avec plus de fureur sa pierre ; elle est reprise d’une sorte d’exacerbation métaphysique dont les caractères sont toujours les mêmes, obscurité, suffisance et insuffisance. Elle traverse, en ce moment, un de ces paroxysmes *. En présence de tant

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