Témoin les ouvrages récents de MM. J. Reynaud, Gratry
PRÉFACE
d’efforts si pompeusement et si inutilement dépensés, de toutes ces opinions contradictoires, exprimées avec une hauteur si gratuite, on se prendrait à sourire, si le sujet n’était pas si grave. Au moins se rappelle-t-on involontairement ce mot qu’appliquait Voltaire à ces sortes de discussions : querelles d’aveugles qui se battent dans une cave, où ne pénétrera jamais la lumière.
En dehors de cette impénétrable question des rapports de lame à Dieu, ou de la vie à venir, restent donc, et c’est bien assez, le corps, lame, leurs facultés et leurs relations ; restent les conditions physiologiques de leur action simultanée, ou, pour exprimer du premier et du même coup l’esprit, et le titre de cet ouvrage, la physiologie de la pensée1. Ici encore beaucoup de ténèbres ou d’ombres, mais des ombres qu’on peut aborder ; car enfin, comme le dit encore Voltaire, il y a une chose qui paraît certaine, c’est que nous avons un corps et que nous pensons.
Ce n’est pas d’hier, je viens de le dire, que cette question des conditions organiques de l’exercice de
Renan, Vaclierot, Saisset, et autres éminents métaphysiciens, linguistes et archéologues.