CHEZ CH. SAVY JEUNE
Quai des Célestins , 48.
L'Institut de France, dans le mois de juillet i84o, a renvoyé à l'année 18/p la question sur la voix qu'il avait déjà deux fois mise au concours.
Je publie aujourd'hui mes Recherches sur ce sujet., telles que je les ai adressées à l'Académie des Sciences pour le second concours. J'espère que ceux qui voudront entrer en lice pour la troisième fois y trouveront quelques aperçus nouveaux qui pourront faciliter leurs travaux.
Ce qui reste bien démontré, c'est la difficulté de la question, puisque, malgré toutes les recherches faites pendant plusieurs siècles jusqu'à nos jours, la connaissance du mécanisme de la phonation et de ses phénomènes paraît encore à l'Institut un problème non résolu.
https://archive.org/details/b21961402
Quid verum euro et rogo
HORAT. , Epistola I.
Déterminer par des recherches anatomiques 3 par des expériences d'acoustique et par des expériences physiologiques quel est le mécanisme de la production de la voix chez l'homme et chez les animaux mammifères.
Telle est la question posée par l'Institut. D'avance, j'avoue que la position de la ville que j'habite ne me permet pas de me procurer tous les mammifères dont le larynx serait nécessaire pour remplir les conditions des recherches demandées. Mais il m'a paru que l'Institut , en faisant un appel aux travaux des physiologistes, avait surtout pour but de faire découvrir le mécanisme de la voix humaine , celui du chant et des phénomènes qui en résultent»
Empressé de répondre au désir de l'Académie, j'ai cherché, j'ai fait des expériences sur l'homme et sur quelques animaux. Après beaucoup d'efforts, beaucoup de tâtonnemens, je crois être parvenu à trouver l'explication de la phonation et de ses effets.
Il est inutile , je pense, de rappeler ici tous les travaux faits sur la voix depuis Gailen et Fabrice d' Aquapendente jusqu'à nos jours. Ces citations, qu'on trouve dans beaucoup d'ouvrages, ne serviraient qu'à prouver
la difficulté des recherches proposées ; elles seraient un luxe d'érudition trop facile et tout- à-fait inutile à l'Académie.
Mais il est quelques théories récentes qui , présentées sous l'appui d'un grand nom, sont répandues et admises dans le monde savant. Il ne serait sans doute pas convenable d'entrer en matière sans examiner ces théories.
Ainsi, M. Savart, dans un mémoire inséré dans le Journal de physiologie expérimentale , tome V, année 1825 , publié par M. Magendie, expose une doctrine savante , fort ingénieuse, qui compte beaucoup de sectateurs. Il compare la glotte à l'appeau des oiseleurs; il pense que « l'instrument vocal , considéré comme formé « par les ligamens glottiques supérieurs et inférieurs, « plus par les ventricules, représente cet instrument « nommé appeau, que tous les phénomènes de la voix « s'expliquent par la vibration de l'air contenu dans ces « ventricules, et par les . modifications qu'impriment « encore aux vibrations les deux replis de membrane « muqueuse qui flottent au-dessus de la glotte , replis « que les anatomistes désignent sous le nom d'arythéno- « épiglottiques. »
A ce sujet, j'ai fait quelques expériences et voici ce que j'ai observé :
i° Dans un appeau , les ouvertures ou perforations circulaires qu'on voit sur les deux lames parallèles qui forment l'instrument , présentent des dimensions semblables. Cette égalité de dimension est indispensable pour la production des sons. Ainsi , j'ai fait construire des appeaux présentant sur une des lames un trou proportionné au volume de son corps, et sur l'autre lame un trou circulaire plus grand que le premier; point de
sons ne pouvaient être obtenus avec cet instrument, je dis sons clairs, e'clatans, Lien distincts ; je ne produisais qu'un frôlement obscur, sans résonnance.
Quelquefois aussi, sur une des lames, j'ai fait le trou ovallaire , avec des dimensions plus grandes que celles du trou ovallaire aussi, existant sur la lame opposée, et toujours j'avais le même résultat, c'est-à-dire point de sons.
Or, dans la glotte, les lames inférieures, formées par les muscles thyro-arythénoïdiens inférieurs , peuvent bien se rapprocher assez pour représenter une ouverture proportionnée dans ses dimensions au corps de l'instrument, c'est-à-dire à l'intérieur des ventricules; mais l'ouverture supérieure, formée par les ligamens supérieurs de la glotte, ne pourra jamais atteindre un diamètre égal à celui de l'ouverture inférieure. Cette ouverture supérieure restera toujours plus grande que l'autre, d'abord parce que jamais les fibres qui la composent ne peuvent se contracter au point de circonscrire entre elles un espace assez étroit pour égaler l'ouverture inférieure; ensuite, parce que les ligamens supérieurs de la glotte sont sur un plan bien plus externe que celui des ligamens inférieurs.
20 J'ai pratiqué une et même deux perforations dans le corps du cylindre que représente un appeau, c'est-àdire dans la lame circulaire qui réunit les deux lames parallèles; et, malgré ces perforations, j'ai obtenu des sons aussi intenses que lorsque cette lame circulaire était intacte.
3° J'ai fait construire des appeaux dont une des lames n'était pas souciée au corps de l'instrument; j'éloi gnai cette lame mobile du reste de l'appeau, et, en soufflant par l'un ou l'autre trou, j'obtenais des sons aussi forts que lorsque la lame restait soudée.
4° J'ai enlevé tout le corps de l'instrument (appeau), je veux dire la lame circulaire; je n'ai donc conservé que les deux lames parallèles .... Eh bien! si ces deux lames présentent des perforations égales, si ces deux lames sont placées Lien parallèlement l'une à l'autre, si leurs ouvertures centrales passent exactement par la même ligne perpendiculaire, on obtient, même en éloignant ces lames à une ligne, une ligne et demie de distance l'une de l'autre, on obtient par l'insufflation des sous bien prononcés, presque aussi intenses que si l'instrument était intact. Et cependant, dans tous ces cas, il y a communication de l'air extérieur avec la colonne d'air comprise entre les deux lames.
De ces faits, ne peut-on pas conclure que c'est le brisement de la colonne d'air lancé par un des trous contre le trou opposé qui produit le son dans un appeau?
Du reste , je ne propose pas d'explication ; je soumets simplement ces faits à l'observation.
Quant a la seconde partie de la théorie de M. Savart, savoir la vibration que peuvent éprouver les replis membraneux qui flottent au-dessus de la glotte, les expériences que je citerai plus tard apprendront ce que l'on doit penser à ce sujet.
Il est une autre théorie, bien répandue, qui a été l'objet d'un rapport fait par des commissaires, membres de l'Institut, c'est celle du docteur Bennati. Au premier abord, elle semble fondée sur des observations physiologiques et sur des faits pathologiques. très-curieux. Elle est exposée dans un mémoire dont le but principal, ainsi que le dit le rapport, « est de faire connaître la part « que prend, dans la modulation de la voix, un organe « aux fonctions duquel, sous ce rapport, les physiolo-
« gistes ont donné assez peu d'attention , c'est le voile « du palais, ou plutôt le détroit du gosier, formé en « dessus par le voile du palais , sur les côtés par ses « piliers, et en dessous par la hase de la langue. »
Bennati admet des notes laryngiennes ou de premier registre, plus des notes sur laryngiennes ou de second registre. Cette distinction de notes généralement admises dans le langage musical, est encore représentée aujour* d'hui par les mots voix de poitrine, et voix de tête ou de fausset.
Si ces expressions n'étaient employées que pour aider l'esprit à distinguer une nuance dans une série de tons, elles pourraient être conservées sans inconvénient; mais elles tendent à propager et à maintenir une grave erreur, savoir: que nous pouvons former des sons dans le larynx et au-dessus du larynx. J'ai dit grave erreur, parce que je prouverai bientôt, j'espère, que toutes les notes possibles, depuis les plus graves jusqu'aux plus aiguës, sont exclusivement formées par la glotte; et, de nos recherches , découleront aussi quelques préceptes d'hygiène et de thérapeutique.
Bennati admet, de plus, la fixation de l'os hyoïde, comme condition indispensable à la production de chaque son. Nous verrons jusqu'à quel point est vraie cette proposition.
Je commencerai par exposer mes recherches sur le larynx de l'homme, sur son mécanisme ou ses fonctions; je décrirai ensuite le larynx des animaux que j'ai pu me procurer. Le larynx humain étant établi comme point de comparaison, on comprendra plus facilement en quoi consiste la différence des autres.
Pour chercher le mécanisme de la phonation, j'ai pris
des larynx de tout âge, depuis l'enfant mort-né et l'enfant mort peu de jours après sa naissance, jusque chez le vieillard de 78 ans. J'en ai fait macérer plusieurs, j'en ai fait putréfier d'autres pour connaître quelles étaient celles des parties molles qui résistaient le plus. Et d'abord, un cadavre étant donné , comment obtenir des sons par le larynx? Je coupe la trachée-artère à sa jonction aux bronches; dans la trachée - artère j'introduis un tube , ordinairement en roseau, sur lequel je lie fortement la trachée. A ce tube j'applique le réservoir d'une musette que je remplis d'air à volonté, et dont j'expulse l'air par une pression que je gradue suivant mes désirs, ou bien je confie l'extrémité libre du roseau à un aide qui l'applique à sa bouche et souffle plus ou moins fort.
La musette que j'ai fait établir tout exprès pour mes expériences, m'est utile lorsque je veux prolonger l'insufflation contre une glotte, ou lancer contre elle avec force une grande masse d'air; mais, habituellement, pour expérimenter je préfère la bouche d'un aide attentif. Eh ! bien , tout étant disposé comme je l'ai dit, je fais souffler et je n'obtiens aucun son distinct, c'est un simple frôlement de l'air contre les parois de la trachée , du larynx et de la voûte-palatine , etc. ; alors, j'ouvre la bouche du cadavre que je maintiens béante en interposant entre les dents un corps solide , j'introduis avec soin un linge dans la bouche et par la trachée jusqu'au larynx pour enlever les mucosités et le sang qui tapissent ordinairement ces cavités; je fais souffler de nouveau.... point de sons encore.... toujours le frôlement, le bruissement de l'air contre les parties indiquées.
Je fais une incision, ordinairement sur le côté droit
du col en suivant le bord du larynx , j'introduis mes doigts par cette incision, je reconnais la partie postérieure du cartilage cricoïde; j'arrive aux arythénoïdes que je rapproche, et j'obtiens dans le moment de l'insufflation des sons plus ou moins clairs. Il m'est arrivé quelquefois de ne pouvoir obtenir ainsi aucune note sonore, ce n'était qu'un' son étouffé, obscur; je me suis aperçu que, dans ce cas, il arrivait que l'extrémité des doigts refoulait le pharynx dont la paroi postérieure se repliait au-dessus des arythénoïdes et interceptait ainsi partiellement le courant d'air.
Mieux vaut donc , pour obtenir la voix du larynx d'un cadavre, inciser longitudinalement la paroi postérieure du pharynx, et arrriver à nu sur les cartilages arythénoïdes. Ces cartilages étant ainsi rapprochés, vous produisez sans peine la phonation.
Cette nécessité du rapprochement des cartilages arythénoïdes pour la formation de la voix était déjà connue; elle est établie dans quelques ouvrages de physiologie. J'ai voulu la rappeler ici parce qu'elle est un fait d'une grande importance»
Avant d'étudier plus amplement le mécanisme de la phonation, examinons quelques parties de l'anatomie du larynx, je dis quelques parties, parce qu'il me semble tout-à-fait inutile de rappeler l'anatomie entière de cet organe si bien décrit dans les onvrages récens d'anatomie (Meckel, cloquet , Cruveiller , etc.).
i° Cartilages arythénoïdes.
J'ai souvent trouvé le bord antérieur de ces cartilages bifurqués, c'est-à-dire qu'en avant du bord antérieur
décrit par tous les auteurs, se voit une autre ligne cartilagineuse qui suit exactement la courbe de ce bord antérieur, confondue par son extrémité inférieure avec le cartilage arythénoïde et libre dans le reste de son étendue. Cette ligne cartilagineuse (1) est couverte en dehors par des fibres musculaires; en dedans, elle est tapissée par la membrane muqueuse , ordinairement elle se laisse facilement apercevoir à première inspection ; mais chez quelques sujets qui ont succombé à des bronchites, des pneumonies, qui ont la muqueuse laryngienne engorgée, on ne peut voir cette division cartilagineuse du bord antérieur de l'arythénoïde qu'en disséquant cette muqueuse.
2° Muscles crico- thyroïdiens.
Tous les anatomistes ne décrivent pas exactement l'insertion supérieure de ces muscles. Leurs fibres, en s'approchant du bord inférieur du cartilage thyroïde, se divisent de telle manière qu'elles se fixent en nombre au moins égal sur la face postérieure du cartilage thyroïde et sur sa face antérieure. Ainsi le bord inférieur de ce cartilage est logé dans la séparation en deux plans que présentent les fibres musculaires.
Les auteurs ne s'accordent pas sur les usages de ces muscles. Pour comprendre l'effet de leur contraction , il
(I) Pour m'a'ssorer si cetle ligne cartilagineuse ou cette division du bord antérieur des arythénoïdes était d'une texture aussi dense que celle des autres cartilages, j'ai fait long-temps macérer des larynx, j'en ai laissé tomber d'autres dans une demi-putréfaction , et j'ai toujours vu ce second bord cartilagineux résister ; sous la pression des doigts il présentait encore de la fermeté, de l'élasticité.
suffit de tirer sur eux pour imiter cette contraction 5 alors on voit évidemment le cartilage thyroïde se rapprocher du cricoïde par un mouvement de bascule qui éloigne en même temps l'une de l'autre les deux parties du thyroïde.
3° Muscles arythèno-épiglottiques.
J'ai plusieurs fois trouvé des fibres musculaires bien apparentes, attachées au sommet des cartilages arythénoïdes; de là, se dirigeant parallèlement les unes aux autres, en haut et en avant, pour s'attacher sur les côtés de l'épiglotte. Ces fibres constituent le muscle arythénoépiglottique de quelques auteurs; il existe de chaque côté dans l'épaisseur du repli muqueux arythéno-épiglottique.
La première fois que j'*aperçus ces muscles bieu prononcés, bien rouges et facilement distincts de la muqueuse, ce fut sur un homme de 23 ans dont la tête, qui venait d'être tranchée par la guillotine, fut laissée à ma disposition demi heure après l'exécution. Le muscle droit était plus fort que le gauche.
J'ai trouvé aussi , mais rarement, dans l'épaisseur de ces replis, les cartilages cunéiformes décrits par Meckel.
4° Muscle arythénoïdien.
Il est plus épais qu'on ne croit communément. Pour bien juger cette épaisseur il faut le couper perpendiculairement entre les deux arythénoïdes. Ses fibres musculaires présentent vraiment trois directions de fibres; les unes sont obliques à droite , les autres obliques à gauche. Fixées sur les tubercules qui sont à la partie postérieure de la circonférence supérieure du cartilage
cricoïde, elles se dirigent de manière que celles qui s'insèrent sur le tubercule gauche vont s'attacher à la face interne de l'arythénoïde droit, et vice versd.
On comprend que ces fibres, trouvant un point d'appui fixe sur le cricoïde, ont plus de force pour opérer le rapprochement des cartilages arythénoïdes.
Les libres transverses sont étendues horizontalement d'un arythénoïde à l'autre.
M. Cruveillier, Anatomîe descriptive , 2 6 vol., pag. 672, dit que le muscle arythénoïdien s'insère en dehors du bord externe des cartilages arythénoïdes, de manière que par sa contraction il doit éloigner les lames vocales l'une de l'autre. Cette description n'est pas exacte, puisque les fibres musculaires s'attachent bien évidemment à la face interne de ces cartilages, face qui est concave et plus large qu'on ne croirait si on n'enlevait pas toute cette insertion. L'usage qu'il attribue au muscle arythénoïdien est aussi une erreur , puisqu'en resserrant ce muscle on voit toujours les cartilages arythénoïdes se rapprocher.
M. Gurveillier est, du reste, le seul auteur, je crois, qui donne de ce muscle une telle description et qui lui suppose un tel usage.
5° Muscle crico- arythénoïdien latéral.
Ce muscle triangulaire , à base antérieure et sommet postérieur, s'attache de chaque côté, en avant, sur le tiers moyen de la circonférence supérieure du cartilage cricoïde. Le tiers antérieur de cette même circonférence se courbe et s'abaisse en avant pour donner attache à la membrane crico-thyroïdienne. Le tiers postérieur du
cartilage cricoïde est couvert par le muscle crico-arythénoïdien postérieur.
Le muscle crico-arythénoidien latéral est quelquefois Lien distirjct du muscle thyro-arythénoïdien , d'autres fois il parait confondu avec lui.
Son attache postérieure existe en dehors de la hase du cartilage arythénoïde. — Il rapproche les cartilages arythénoïdes.
6° Muscle thyro-arythénoïdien.
Il est très-épais ; en avant, il s'attache dans l'angle rentrant du cartilage thyroïde , depuis la partie inférieure de cet angle rentrant jusqu'à 5 ou 6 lignes de hauteur sur ce même angle. On voit quelques fibres de cette insertion antérieure se fixer sur la membrane crico-thyroïdienne.
Les fibres de ce muscle se dirigent, parallèlement les unes aux autres, en arrière, vcs les cartilages arythémoïdes sur la base desquels elles se fixent, en dehors de l'apophyse antérieure de ces cartilages.
Son bord inférieur répond d'abord à une partie de la membrane crico-thyroïdienne, puis, dans tout le reste de son étendue, au bord supérieur du muscle crico-arythénoïdien latéral. Ce muscle est plus large antérieurement que postérieurement.
Son bord supérieur borne inférieurement l'ouverture du ventricule et forme le plancher de ce ventricule ; il est très-èpais; il présente des fibres aponévrotiques fortes, blanches, nacrées, placées en dedans des fibres musculaires et légèrement inclinées sur l'axe de la trachée : ces fibres aponévrotiques qu'on a long-temps appelé cordes vocales ne forment pas le tendon du muscle thyro-arythé-
noïdien; elles sont embrassées par ce muscle et seules constituent , selon nous , les lames vocales.
Ces lames représentent un faisceau triangulaire qui est vraiment isolé par trois bords: i° le bord supérieur incliné en haut et en dedans sur la trachée; 2° le bord interne, large, confondu avec le reste du muscle et répondant à l'intérieur de la trachée; 3° le bord externe , incliné en dehors, se confondant aussi avec le muscle et formant la paroi interne et inférieure du ventricule.
7° Muscle thyro-ar y thé noïdien supérieur.
Au-dessus de ce muscle que je viens de décrire, existe un autre faisceau musculeux que j'appelerai muscle tyroarythénoïdien supérieur. — Les libres qui le composent sont moins prononcées que celles qui forment le muscle thyro-arythénoïdien inférieur, mais elles existent constamment et à tout âge: dans tous les larynx que j'ai disséqués, je les ai toujours trouvées. Ces fibres musculaires s'insèrent antérieurement à l'angle rentrant du cartilage thyroïde , directement au-dessus de l'insertion du muscle, thyro-arythénoïdien inférieur. Cette insertion est légèrement distante de celle du côté opposé, d'une ligne àpeu-près, tandis que l'attache des lames vocales sur le thyroïde est confondue en un seul point. Les musclée thyro-arythénoïdiens supérieurs se dirigent symétriquement au-dessus des inférieurs , en s'éloignant l'un de l'autre à mesure qu'ils arrivent aux cartilages arythénoïdes , et décrivent quelquefois une très-légère courbure à concavité interne ,plus en dehors que celle représentée par les lames vocales; ils viennent s'attacher à ce second bord des cartilages arythénoïdes lorsqu'il existe et que
jJai décrit; lorsque cette division du bord antérieur arythénoïdien n'existe pas, ils s'insèrent à la face externe des cartilages arythénoïdes, au-dessus de l'attache des muscles thyro-arythénoïdiens inférieurs avec laquelle ils s'unissent.
Le bord interne du muscle thyro-arythénoïdien supérieur présente aussi quelques fibres aponévrotiques , moins épaisses, moins résistantes que celles qui forment les lames vocales.
On voit par fois des fibres se détacher de ce muscle pour aller se perdre sur les côtés de Fépiglotte. Il envoie aussi, de même que le muscle thyro-arythénoïdien inférieur, quelques fibres qui vont tapisser le fond des ventricules contenus de chaque côté entre ces deux muscles. J'ai dit que le bord interne de ce muscle présentait des fibres aponévrotiques qui forment le bord supérieur du ventricule et par leur résistance le maintiennent constamment ouvert. Dans les expériences de macération et de demi-putréfaction auxquelles j'ai soumis des larynx, j'ai reconnu que les lames vocales résistent long temps, qu'elles conservent de la résistance , de la densité; que lorsqu'on les met en état de tension, elles peuvent encore donner quelques vibrations, tandis que les cordons thyro-arythénoïdiens supérieurs, deviennent promptement mous et s'altèrent facilement.
Les muscles thyro-arythémoïdiens supérieurs rapprochent les cartilages arythénoïdes.