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LA COLONNE VERTÉBRALE

bure du tronc permettant aux mains qui tiennent l’outil de se rapprocher à portée du sol.

Dans les exercices du corps, le rôle de l’attitude est très important. La réussite d’un mouvement gymnastique dépend presque toujours de la bonne position du corps. La plupart du temps les bras commencent un mouvement, mais les muscles du tronc le terminent. Aux anneaux, au trapèze, aux barres parallèles, il n’est aucune évolution qui puisse se faire si la colonne vertébrale ne s’associe pas à la traction des bras, soit par un mouvement de flexion, soit par un mouvement d’extension.

Dans l’équitation, le rôle actif appartient en apparence aux cuisses qui, par leur pression énergique, doivent pour ainsi dire faire adhérer le cavalier ii la selle. Pourtant la solidité, l’assiette viennent plutôt de l’attitude parfaitement équilibrée que prend le tronc. Tous les hommes de cheval savent ([u’un cavalier bien placé, c’est-à-dire ayant l’attitude la plus favorable à l’équilibre, a besoin de très peu de force pour se maintenir en selle. De plus, dans les secousses des allures vives, la colonne vertébrale, grâce à la mobilité extrême des pièces qui la composent, subit une série de mouvements locaux, soit à la région lombaire, soit à la région dorsale, et permet ainsi aux réactions du cheval de s’amortir et de se perdre sans que le tronc soit déplacé.

La colonne vertébrale s’associe quelquefois d’une façon très intime au mouvement des membres, et les accompagne dans leurs changements de direction. En escrime, par exemple, dans les mouvements d’attaque, à mesure que le bras se déploie, la colonne vertébrale s’allonge par un mouvement d’extension forcée, et quand le tireur se fend, tendant son arme vers l’adversaire, l’épine dorsale est vivement projetée dans la même direction, et pour cela elle doit s’infléchir du côté du bras qui menace, de telle sorte que l’épée, le bras droit et la colonne vertébrale tendent à se placer dans le môme axe et à former une seule ligne droite.

Cette association de la colonne vertébrale aux mouvements du bras s’observe encore dans les exercices où les muscles du tronc doivent aider et renforcer l’action des membres supérieurs. Si l’on cherche à produire une violente poussée avec la main, le rachis, pour s associer à ce mouvement de la manière le plus elllcace possible, devra s infléchir de côté, pour se placer dans l’axe du bras, car cette direction sera plus lavorable qu’une direction angulaire pour soutenir de toute la pression du tronc le mouvement

MÉCANISME DES DIVERS EXERCICES

exécuté par les extenseurs du bras. — Un coup de poing, disent les boxeurs, doit être donné avec les reins et appuyé avec tout le corps.

Quand la colonne vertébrale vient ainsi prêter aux membres supérieurs soit un simple appui, soit un concours actif, il peut arriver deux choses : ou bien la direction de la colonne vertébrale s’associe à celle d’un seul bras, comme il arrive en escrime, et alors la lige osseuse du rachis s’inlléchit du côté du bras agissant, et tend ainsi à se dévier soit ii droite, soit à gauche; ou bien la colonne vertébrale s’associe au travail des deux bras à la fois , et alors la direction qu’elle subit ne tend pas ii la déplacer latéralement, mais à exagérer sa courbure.

En effet, le point d’attache des épaules correspond au commencement de la concavité formée par l’arc des vertèbres dorsales. Supposons les deux bras étendus soutenant un très gros haltère au-dessus de la tète : la direction du bras sera parallèle à la direction générale de l’axe vertébral. Mais la colonne vértébrale n’est })as rectiligne ; elle présente plusieurs courbures dont l’une commence îi la septième vertèbre cervicale, c’est-à-dire à la ligne d'attache des épaules, pour aller jusqu’à la douzième dorsale. Les douze vertèbres dorsales forment ainsi un arc dont la corde serait représentée par une ligne perpendiculaire au sol, c’esl-àdirc par une ligne ayant exactement la direction de la poussée de haut en bas que supportent les bras. La colonne vertébrale, en s’associant à la résistance verticale des membres supérieurs, subit une pression capable de jouer sur sa courbure dorsale le même effet ([ue joue sur un arc la tension de sa corde, c’est-à-dire d'augmenter sa convexité.

Entin, la colonne vertébrale peut avoir le rôle principal dans un ell'ort musculaire. Beaucoup de mouvements s'exécutent à l’aide d’un coup de rein ipii tantôt Iléchit le tronc, comme dans l’acte de mettre en branle une lourde cloche, et tantôt redresse le corps comme pour élcver à une certaine hauteur un lourd haltère pris sur le sol. Beaucoup d’exercices nécessitent des mouvenionts alternatifs de llcxion et d’extension de la colonne vertébrale. L’exercice du canotage, par exemple, met en jeu à chaque coup d’aviron la colonne vertébrale, qui se tléchit quand il lautiiorter l’aviron on arrière et se redresse vigoureusement (inand il tant le ramener en avant.

Four sauter de pied ferme, la colonne vertébrale doit encore entrer activement en jeu. Le sauteur, pour s’élancer, se courbe en

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