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LANGUEUR DE LA NUTRITION

Pour se rendre un compte exact des effets du travail musculaire sur le mouvement général de nutrition, il suffit de connaître les effets inverses du défaut d’exercice. Or, nous avons vu que les résultats de l’exercice insuffisant peuvent se réduire à deux : 1“ accumulation excessive des matériaux de réserve ; 2" provision insuffisante d’oxygène. — Tous les états morbides , légers ou graves, dus au défaut de travail musculaire dérivent de ces deux vices essentiels dans l’équilibre de l’organisme.

Le manque d’oxygène produit la langueur de toutes les fondions vitales par défaut de stimulation des organes ; de là assimilation insuffisante des matériaux alimentaires, et affaiblissemenl do l'organisme. La surabondance des tissus de réserve amène tous les troubles de la santé dus à la désassimilation insutfisante, au ralentissement de la nutrition. (1)

Telle est l'importance de l’exercice comme régulateur de la nutrition. Il est indispensable h l’entretien de la santé d’écouter l’avertissement que nous donne l’organisme quand il est soumis à une inaction prolongée, et de satisfaire à ce besoin d’exercice qui porte tout être vivant à faire agir ses muscles.

Mais il est urgent de céder à temps aux sollicitations de l’instinct, car le besoin d’exercice tend promptement <à disparaître lorsqu’on tarde à le satisfaire. Quand on no lui donne pas satisfaction, il diminue de jour en jour; si l’inaction se prolonge outre mesure , il finit par disparaître tout à fait , et un moment arrive ou l’être qui a vécu trop longtemps inactif prend une tendance marquée à rechercher de plus en plus l’inaction. C'est qu’à ce moment le repos trop prolongé a créé des conditions organiques nouvelles, en réunissant toutes les circonstances voulues pour (jiie la fatigue sous toutes ses formes soit l’aboutissant du travail.

D’une part, tous les organes sont languissants et ne peuvent être tirés de leur torpeur qu’au prix d’un pénible effort de la volonté; le muscle est engourdi, peu excitable ; le cœur, rarement soumis aux secousses de l’exercice, offre une impressionnabilité très grande, comme tous les organes affaiblis, et le moindre effort

(1) Voir le livre du professeur Bouchard : le lialentissemenl de la nutrilion.

208 les résultats de l’exercice

musculaire amène des palpitations ; le poumon , accoutumé à réduire ses mouvements respiratoires aux faibles exigences d’une vie inactive, ne fait plus agir, depuis longtemps, qu’une faible partie de ses cellules, les autres restant affaissées et fermées pendant l’acte respiratoire. Le champ de l’hématose se trouve ainsi très réduit. Aussi le moindre accroissement dans l’activité des échanges respiratoires rend-il ces fonctions insuflîsantes.

D’autre part, l’inaction prolongée prédispose le corps à s’intoxiquer facilement à la suite du travail par suite de l’abondance des tissus de réserve, source de déchets et de produits de désassimilation. Qu’un obèse entreprenne un exercice violent ; aussitôt ses tissus graisseux subissent des combustions violentes, d’autant plus exagérées que leur désassimilation était plus urgente et depuis plus longtemps attendue par l’organisme. Ces tissus, très riches en carbone , donnent lieu à un abondant dégagement d’acide carbonique, et l’essoufllement se produit avec une intensité exagérée. Si le sujet, au lieu de tissus graisseux, présente des tissus de réserve azotés en grande abondance, ce ne sera plus l’essoufllement qui dominera, et la fatigue immédiate pourra être modérée; mais la fatigue consécutive sera très intense. Nous avons indiqué tous les troubles qui dérivent de l’intoxication par les déchets azotés, et montré que la courbature est en raison directe de ces déchets. C’est donc la fatigue consécutive que devra craindre l’homme trop riche en tissus de réserve azotés, et il devra craindre, de plus, que la fatigue ne provoque un accès de goutte en déterminant une véritable débâcle de déchets uriques.

C’est ainsi qu’après une inaction trop prolongée, l’exercice, au lieu d’être accompagné d’un sentiment de satisfaction, devient une pénible corvée. L’homme qui s’est déshabitué du travail prévoit qu’une impression physique désagréable l’attend au sortir de son inertie ; il « craint la fatigue ». Dès lors, il se trouve pris dans un cercle vicieux d’où il ne peut sortir. Il n’agit plus , parce que ses organes, gênés par l’accumulation des réserves, lui rendent le travail douloureux, et ses réserves s’accumulent de plus en plus parce qu’il n’agit pas. S’il n’a pas le courage de subir l’inévitable douleur qui accompagne tout début dans les exercices physiques, s’il se cantonne dans l’inaction à laquelle le pousse de plus en plus le pressentiment qu’il a des malaises de la fatigue, son état s’aggrave, et il tombe inévitablement dans l’un ou 1 autre de ces états caractérisés, soit par un excès de richesse des tissus

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