‹ Physiologie des exercices du corps (volume 2)Chapitre 107 sur 183 · HYGIÈNE DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

HYGIÈNE DU TRAVAIL

de réserve, soit, au contraire, par l’appauvrissement de l’organisme et la langueur des fonctions vitales.

Ainsi le besoin d’exercice répond à des conditions organiques différentes, h des états organiques diamétralement opposés.

Les effets généraux du travail tendent à modilier tous les tempéraments dans un sens favorable à ce parfait équilibre des fonctions , qui constitue la santé. Par le seul fait de l’adaptation des organes aux exigences variées de l’exercice musculaire, les irrégularités de la nutrition tendent à disparaître. Par le fait môme de son fonctionnement régulier, la Machine Humaine devient plus apte à fonctionner bien, et acquiert la conformation la mieux adaptée à l’exécution du travail ; or il se trouve que cette conformation est en même temps la plus favorable à l’exécution régulière des actes vitaux.

C’est ainsi que le mouvement musculaire est utile à tous les vices de nutrition , et que l’exercice du corps est une nécessité pour tous les tempéraments.

Mais il ne faudrait pas conclure de là que le bénéfice de l’exercice est égal pour tous, quelles que soient la forme et la dose du travail auquel l’organisme est soumis. Si le mouvement musculaire produit sur tous les tempéraments une série d’effets généraux identiques, les différents exercices que nous avons passés en revue dans la quatrième partie de ce livre produisent chacun des effets spéciaux.

Nous ne pouvons entrer ici dans les détails d’application , et nous réservons pour un prochain volume l’étude complète de la Médication par l'Exercice. Il nous suffira de rappeler, en terminant ce chapitre, combien les effets spéciaux de l’exercice peuvent varier suivant sa forme et son dosage.

Nous avons vu que le travail exerce sur la nutrition deux influences inverses : il augmente les acquisitio7is, et il augmente aussi les pertes de l’organisme. L’hygiène du travail consiste essentiellement à équilibrer ces deux résultats opposés ; mais certaines circonstances de l’exercice peuvent faire prédominer tantôt l’un, tantôt l’autre de ces résultats, et il est possible d’obtenir presque à volonté, à l’aide du travail musculaire, soit l’accroissement, soit la diminution du poids du corps.

Un exemple, enqirunté à l’ouvrage du docteur Worthington sur « l’Obésité », suflira à démontrer que le travail peut aboutir, suivant les détails de son application, à des résultats diamétra-

LES RÉSULTATS DE l’eXERCICE

lement opposés. — Sur la Marne, entre Alfort et Château-Thierry, deux équipes de chevaux tiraient un bateau sur un chemin de halage. La première équipe le tirait en montant et cm pas ; la seconde, en descendant, mais au trot. Ce trajet était, pour chaque équipe, l’unique travail de la journée. Au point de vue de la quantité de travail exécuté dans les vingt-quatre heures, les chevaux qui faisaient le trajet au pas effectuaient une somme de kilogrammètres sui)érieure, puisqu’ils exécutaient un trajet de môme longueur, mais contre le courant; les chevaux qui redescendaient le courant tiraient une charge plus légère et leur trajet était strictement égal à celui des autres; mais, malgré la différence de poids, la vitesse de leur allure changeait complètement pour eux les résultats du travail : les chevaux qui faisaient leur travail au trot maigrissaient; ceux qui le faisaient au pas augmentaient de poids.

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