L.A. FATIGUE
h' épuisement nerveux est un état qu’on a observé et étudié sous différents noms dans tous les temps, mais dont aujourd’hui plus que jamais on rencontre à chaque instant des exemples. Il est l'aboutissant du surmenage intellectuel, aussi bien que du surmenage physique, et il est aussi le résultat des excès de plaisir, ce qui ne l’empêche pas d’accompagner les chagrins violents et les préoccupations de toutes sortes. Toutes les causes physiques et morales qui nécessitent le fonctionnement exagéré des centres nerveux peuvent amener un état de fatigue analogue à celui qu’on observe dans les muscles après leur fonctionnement excessif.
Nous montrerons plus] loin combien certains exercices physiques associent énergiquement les centres nerveux au travail des muscles. Ces exercices, si on les pratique avec excès, peuvent donc amener la déperdition excessive de certains éléments de la fibre ou de la cellule nerveuse. Il faut faire une véritable opération intellectuelle pour coordonner, pondérer et mesurer le jeu des muscles dans tous les exercices de précision. Aussi le surmenage à forme névropathique est-il plutôt le résultat de ces exercices que celui des travaux grossiers ne demandant qu’un emploi machinal de la force physique. De là la supériorité des mouvements qui ne demandent aucune application, aucun apprentissage, quand il s’agit de sujets dont les centres nerveux sont déjà surmenés par le travail intellectuel.
Quel que soit l’exercice pratiqué, il peut cependant amener l’épuisement nerveux, car la substance nerveuse est obligée d’entrer enjeu pour exciter les contractions de l’élément musculaire, et, dans le cas où le cerveau n’est pas requis pour provoquer les mouvements, — dans les actes automatiques, par exemple, — c’est la moelle épinière qui entre en jeu, et c’est elle qui peut ressentir, en cas d’excès de travail, les effets de l’épuisement. C’est ainsi qu’on a signalé la coïncidence de l’épilepsie avec les fatigues de marches trop soutenues et cité plusieurs observations dans lesquelles des accidents à forme convulsive avaient suivi de longs trajets exécutés à pied en très peu de temps.
Mais l’épuisement nerveux peut s’établir d’une manière plus indirecte par le fait du surmenage. L’excès de travail peut amener un appauvrissement du sang, un état d’anémie qui, atteignant tout l’organisme, pourra néanmoins faire sentir plus spécialement ses effets sur les centres nerveux chez les sujets prédisposés.
Los médecins aliénistes ont depuis longtemps signalé l’épuise-