‹ Physiologie des exercices du corps (volume 2)Chapitre 62 sur 183 · LE NETTOYAGE DE LA MACHINE ANIMALE · texte numérisé non relu

LE NETTOYAGE DE LA MACHINE ANIMALE

vital que la fonction fortifie l’organe, au lieu que le fonctionnement d’une machine en use les rouages.

Les organes du corps humain réparent les pertes qu’ils ont faites par le travail et font pour les compenser des acquisitions nouvelles ; or, c’est une loi de la vie que les pertes du travail ne se réparent pas pendant le travail même , mais seulement après que le travail a cessé. — Le repos est donc la période de temps nécessaire aux organes pour réparer les pertes que leur a lait subir le travail.

Quelle est la nature des actes qui concourent à réparer les organes après une période de fonctionnement? Ces actes sont nombreux et compliqués; quelques-uns nous sont connus, beaucoup nous échappent.

La réparation des organes est, à proprement parler, un renouvellement complet de ces organes. Un muscle qui travaille fait du déchet^ c’est-à-dire se dépouille de certaines parcelles de son tissu qui se détachent de l’organe et sont balayées au dehors. A leur place, le sang, attiré en abondance au muscle par le fait même de sa contraction, y porte des matériaux nouveaux qui s’y Axent et remplacent ceux qui en ont été éliminés. A chaque instant, une parcelle nouvelle se détache à l’état de déchet, et se trouve remplacée par une molécule de nouvelle formation. Il en résulte que le muscle en entier finit par se renouveler, et que le mouvement de nutrition remet ainsi à neuf les instruments du travail.

Ainsi le corps est une machine dont les rouages se renouvellent constamment d’eux-mêmes et sont soumis à une réparation continuelle. Cette réparation est cause que le corps ne s’use pas , en travaillant.

Le torrent saugnin qui traverse un muscle exerce sur ce muscle un véritable lavage en le débarrassant des déchets de combustion qui résultent du travail. Ce lavage exige un temps assez long, puisque, suivant nos observations, douze et même vingt-quatre heures sont quelquefois nécessaires pour l’élimination des déchets par l’urine. Pendant ce temps, des ondées successives de liquide sanguin viennent entraîner les molécules détériorées qui forment les déchets, et portent en même temps aux muscles dont cos déchets se détachent les éléments azotés nécessaires pour les remplacer.

Il est facile do comprendre que cette opération ne peut s’accomplir régulièrement sans (lue le travail s’arrête, car la formation continuelle de nouveaux déchets rend tout à faitnul le résul-

lo8

LA FATIGUE

tat du nettoyage exercé par le courant sanguin. Les matériaux do nouvelle formation ne peuvent pas non plus se fixer sur des tissus encombrés de débris qui , en attendant leur expulsion , jouent le rôle de corps étrangers, et le muscle n’est pas réparé.

Le résultat d’un temps de repos insuffisant devra donc être, d’une part, raccumulation des matériaux détériorés par les combustions et, d’autre part, le défaut de réparation , la nutrition insuflisante des organes du travail.

C’est ainsi que l’auto-infection par les déchets du travail , conséquence du surmenage, se produit chez les individus soumis à des travaux trop prolongés coupés de temps de repos trop rares et trop courts. De même, l’insuffisance du repos amène l’épuisement et la diminution de volume des tissus brûlés par le travail. Quelle que soit l’abondance de l’alimentation, un exercice trop prolongé et trop continu peut amener l’amaigrissement, parce qu'il ne laisse pas le temps au mouvement de nutrition de fixer sur les tissus les matériaux élaborés par la digestion.

Il faut donc, dans l’hygiène de l’exercice, équilibrer aA^ec soin les périodes de travail et les périodes de repos. La succession plus ou moins éloignée du temps de repos est aussi importante à établir que la quantité de travail effectué.

Tous les exercices ne demandentpas la même période de repos; tous ne peuvent pas sans inconvénient se prolonger pendant le même temps.

Les exercices qui essoufflent doivent être coupés de temps d’arrêt très rapprochés , mais ces temps d’arrêt peuvent être courts. En effet, ces exercices produisent beaucoup d’acide carbonique en un temps très court. Ce produit de combustion est capable d’occasionner en très peu de temps des accidents graves : d’où la nécessité de l’éliminer promptement pour empêcher son accumulation. D’un autre côté, il est très volatil et se déplace avec une grande facilité; aussi est-il promptement chassé de l’organisme par la respiration. — En certaines contrées de la Tunisie, il y a encore des coureurs commissionnaires ou porteurs de dépêches, appelés rekas^ qui sont d’une résistance inouïe à la fatigue et à l’essouniement. Quand un reka sent que sa respiration s’embarrasse pendant la course , il s’arrête , compte jusqu a soixante et repart. Ce repos lui suffit pour reprendre haleine.

Le travail de fond occasionne moins promptement la fatigue que l’exercice de vitesse , mais il nécessite un repos plus prolongé. Un marcheur (pii n’est pas habilmi aux longs trajets

Page 1