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EXERCICES QUI NE DEFORMENT PAS

Les meilleurs mouvements du gymnase. — Les exercices « du plancher ». Un exercice trop peu en honneur : la Boxe Française ou chausson. — Egale répartition du travail dans cet exercice ; nécessité d’un parfait équilibre ; hardiesse des mouvements. — Le coup de pied tournant.

Les nageurs et les grimpeurs.

Les canotiers. — Deux variétés de sport nautique ; l’aviron et la pagaie. — Supériorité de l’aviron. — La « pointe » et le « couple ».

Conditions générales des exercices qui ne déforment pas ; ces conditions sont surtout négatives. — Tendance naturelle du corps à se développer régulièrement. — L’exercice ne doit pas contrarier cette tendance. — La souplesse, condition d’élégance de la taille. — Supériorité des exercices de précision sur les exercices de force. — Les danseuses de corde; les jongleurs et les équilibristes. — L’habitude de porter les fardeaux sur la tète. — Les femmes de Ténér'ffe.

Les conclusions que nous venons d’émettre dans le chapitre précédent peuvent nous servir de guide pour indiquer les conditions dans lesquelles l’exercice doit être pratiqué pour conserver au corps une forme régulière.

Les exercices qui déforment le corps sont, en premier lieu, ceux qui n’en font pas travailler également toutes les régions. Quand on est, avant tout, soucieux de conserver la régularité de ses formes , on doit donc adopter une forme de gymnastique dans laquelle toutes les parties du corps soient soumises à un travail régulier proportionnel à la force de leurs muscles.

Dans les gymnases, on appelle exercices du plancher ceux qui s’exécutent debout et qui consistent en mouvements successifs de flexion, d’extension, etc., des jambes, des bras, du tronc, du bassin et du cou. Ce sont là, évidemment, au point de vue des résultats esthétiques, les meilleurs de tous les exercices. Chaque membre subit un travail proportionné à la force de ses muscles, puisqu’il ne meut que son propre poids. De plus, les muscles antagonistes

iÆS RÉSULTATS DE L'EYERflîCË

gardent entre eux, dans leurs contractions, une mesure parfaite qui ne tend pas à faire prédominer les extenseurs sur les lléchissours, ou réciproquement, ni, par conséquent, à attirer les os dans une direction qui s’écarte de la normale. Enfin, le corps restant, pendant ces exercices, en station sur les jambes, la colonne vértébrale ne peut à aucun moment subir une attitude vicieuse pour chercher un équilibre anormal.

Ces exercices seraient donc les meilleurs de tous s'ils étaient un peu plus intéressants pour celui qui les pratique. Mais ils n’oflrent aucun attrait parce qu’ils suppriment de la part de l’élève toute initiative et ne demandent qu’une obéissance attentive et passive au commandement.

11 y a heureusement, dans le répertoire des gymnases, un autre exercice qui joint à la régularité dans la dépense des forces un attrait particulier, parce qu’il implique une lutte de finesse, d'agilité et d’à-propos ; c’est notre boxe française. Cet exercice s’apprend par une série de leçons dont chacune s’exécute alternativement sur la partie droite et sur la partie gauche. De cette façon, la jambe droite et le bras droit répètent exactement, quand leur tour est venu, tous les mouvements que viennent de faire la jambe gauche et le bras gauche.

La boxe française, qui enseigne le coup de pied aussi bien que le coup de poing, exige à chaque instant des attitudes d’une grande hardiesse.

Quand il s’agit de détacher un coup de pied à la hauteur du visage, le tronc doit s’incliner fortement sur le côté pour conü’ebalancer le déplacement du centre de gravité, et cette attitude serait vicieuse si elle se reproduisait toujours dans la même direction. Mais à peine la jambe droite qui vient de frapper le coup a-t-elle repris appui sur le sol , que la jambe gauche doit se lever à son tour et redoubler l’attaque, soit directement en avant, soit par la pirouette appelée coup de pied tournant. Avec une rapidité qui étonne le spectateur, le corps doit trouver d’une jambe à l’autre un équilibre assez stable pour qu’il soit permis do fouetter le pied dans une direction précise, avec une force qui dépasse quelquefois 50 kilogrammes. Pour que le centre de gravité se déplace avec une si merveilleuse facilité, la colonne vertébrale, qui joue le rôle de balancieiq doit conserver à toutes les pièces qui la composent une mobilité extrême. Los articulations intervertébrales doivent permettre des mouvements très étendus, qui ne seraient compatibles ni avec la contracture d’un des muscles

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