INTOXICATION PAR LES PRODUITS DE DÉSASSIMILATION
qui dominent sont les résidus de combustion des substances azotées; Turée, l’acide urique, et ses composés les urates. Mais les urines, comme tous les produits d’excrétion, renferment en outre bien des produits inconnus. En tout cas, personne ne conteste l’importance qu’il y a pour 1 organisme à se débarrasser promptement des matériaux entraînés par la seciétion ui inaire.
Quand les fonctions du rein sont abolies par une maladie qui change la structure de cet organe, les urines n’ont plus la même composition chimique et finissent par ne plus entraîner avec elles les substances qu’elles charrient d’habitude. Leur composition change et se simplifie ; elles ne renferment pour ainsi dire que de l’eau. L’urée et tous les autres déchets des combustions vitales n’étant plus éliminés par leur voie habituelle s’accumulent dans le sang, où l’analyse chimique a pu les retrouver. Aussitôt éclatent les accidents de l’empoisonnement urineux, appelé urémie^ qui se terminent promptement par la mort.
Les remarquables expériences de M. Bouchard ont établi, du reste, que l’urine était toxique, et que l’injection de ce liquide dans les veines d’un animal bien portant pouvait causer en peu de temps sa mort (1).
L’intestin est un des organes éliminateurs qui doit rejeter au dehors la plus grande quantité de déchets de combustion. Mais comme il est déjà encombré d’une grande quantité de résidus alimentaires, qu’il reçoit en outre les sécrétions du foie, du pancréas et d’une foule de glandes, il est très difficile de retrouver dans ce mélange ce qui est dû aux produits de désassimilation.
Un simple fajt d’observation prouve que l’intestin doit recevoir sa part dans les produits éliminés comme déchets à la . suite des combustions. Quand les combustions augmentent par suite d’un travail musculaire excessif, il y a toujours plus d’évacuations et les selles sont rendues plus liquides. L’intestin paraît avoir subi le contact de matières jouant un rôle laxatif, et ces matières , ne venant pas du dehors par un changement dans le régime alimentaire, ne peuvent venir que de l’organisme luimême. Les produits de désassimilation augmentés par l’exercice musculaire s’éliminent par l’intestin et excitent sa contraction pour produire des selles plus fréquentes.
En tout cas, les fonctions de l’intestin, comme celles du poumon, du rein et de la peau, ne peuvent être abolies sans les plus
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graves inconvénients. Quand les matières fécales restent trop longtemps dans le tube digestif, par suite H’une lésion qui oblitère le canal intestinal, on voit se développer une série d’accidents qu’on désigne sous le nom d’empoisonnement stercoral et qui sont dus autant à la résorption des produits de désassimilation qu’aux émanationFs putrides du résidu alimentaire
Les quatre organes dont nous avons sommairement étudié le rôle excréteur ne sont pas les seuls chargés d’éliminer les produits dont le corps veut se débarrasser. Toutes les glandes peuvent, à un moment donné, participer à cette fonction, qu’on pourrait appeler le nettoyage du corps. On a signalé accidentellement dans certaines sécrétions la présence de substances pouvant avoir un effet toxique. En injectant dans l’artère carotide d’un animal de petite taille de la salive d’un homme à jeun, on est arrivé à déterminer quelquefois des accidents graves. Ce fait prouve que la salive, comme l’urine, peut contribuer à l’élimination des substances de désassimilation dont les faits d’observation démontrent le pouvoir toxique.
Si nous cherchons à résumer les conclusions qui ressortent des faits étudiés dans ce chapitre, nous pouvons dire que le travail des muscles , aussi bien que celui des organes internes , s’accompagne d’une production de chaleur, résultant elle-même d’actions chimiques qu’on peut assimiler à des combustions. Les tissus vivants qui ont fait les frais de ces combustions sont altérés dans leur composition chimique, deviennent impropres à la vie, et doivent être rejetés au dehors sous des formes très diverses et par des organes spéciaux.
Mais les produits de combustion ne sont pas nuisibles seulement pour l’organisme dans lequel ils se trouvent accidentellement retenus. S’ils sont absorbés par d’autres individus , ils peuvent déterminer chez eux les mêmes accidents.
Nous avons dit un mot des miasmes exhalés par la respiration et par la peau. Ces produits, qui se trouvent dans l’air expiré et dans les émanations cutanées, en quantité presque infinitésimale, sont doués d’une puissance toxique des plus redoutables. Quand plusieurs personnes sont réunies dans un local restreint, l’air de ce local devient rapidement infect; mais cet air n’est pas seulement désagréable par le fait de la mauvaise odeur , il est vicié et dangereux à respirer. C’est ce qui fait le grave inconvénient de d’encombrement.