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MOUVEMENTS RÉFLEXES

L’excitant de l’acte musculaire est une sensation qui remonte tout le long du nerf sensitif jusqu’à un point donné de la moelle épinière d’où part un nerf moteur. La fin du nerf sensitif et le commencement du nerf moteur se rencontrent dans une môme cellule de la moelle, d’où part un troisième filet nerveux se dirigeant vers le cerveau.

Quand l’impression sensitive, au lieu de cheminer vers la tête par ce troisième filet ascendant, s’arrête dans la moelle épinière, celle-ci la renvoie transformée en mouvement dans la direction du muscle, où le nerf moteur la conduit. L’impression se réfléchit sur le centre moteur et revient sur elle-même au lieu de continuer sa route, comme se réfléchissent les ondes sonores de la voix, qui, se heurtant contre un mur, reviennent en arrière pour donner naissance à l’écho.

On peut dire qu’un mouvement réflexe est Vécho d’une impression sensitive.

Il n’est pas nécessaire que le cerveau soit détruit pour que les mouvements réflexes se produisent: il suffit qu’il ne prenne pas part à l’acte musculaire. Dès lors, celui-ci n’est plus voulu et se produit inconsciemment, comme on l’observe chez un homme endormi, ou même chez un homme préoccupé, qui, suivant une expression aussi vulgaire que juste, a « la tête ailleurs » et ne songe pas à ce qu’il fait. On voit tous les jours un homme préoccupé dépasser en marchant le seuil de sa porte, où il se proposait pourtant d’entrer. On dit qu’il est distrait et que ses jambes agissent par un mouvement automatique. Ce mouvement automatique de la marche a été d’abord très laborieusement appris par l’enfant, puis il est devenu d’une exécution si facile que le cerveau n’y prend aucune part. La sensation que produit le sol sur la plante du pied, quand il s’y repose, détermine, par effet réflexe, un mouvement de l’autre membre qui vient>t-Son tour se poser en avant du premier, et ainsi de suite. Cette succession régulière des mouvements des jambes qui sont tantôt reposées sur le sol, tantôt enlevées de terre, peut se faire sans que la volonté y prenne part et sans que le cerveau en ait conscience.

Dans les exercices du corps, une foule de mouvements peuvent devenir automatiques par l’habitude , et il arrive que , pendant leur exécution, la volonté peut s’occuper ailleurs sans participer à l’action des muscles. C’est alors la moelle épinière seule qui préside à ces mouvements, en dehors de toute intervention du cerveau.

LE TRAVAIL MUSCULAIRE

^ Nous aurons l’occasion, en parlant des applications thérapeutiques de 1 exercice , de mettre à profit les notions sommaires que nous venons d’exposer. Nous ferons ressortir l’importance ■qu il y a pour l’homme surmené par le travail de tête à rechercher de préférence les exercices automatiques, qui n’exigent pas l’entrée en jeu du cerveau.

La moelle épinière peut dans bien des cas, grâce à son pouvoir auto-moteur, suppléer le cerveau, et présider seule à des mouvements très compliqués. Mais son intégrité absolue est nécessaire pour l’accomplissement des mouvements automatiques ou réflexes. Si on introduit la tige d’un stylet dans le canal vertébral d une grenouille fraîchement décapitée, on anéantit complètement son pouvoir réflexe, par suite de la destruction de la moelle que l’instrument déchire. L’animal perd à l’instant même toute faculté de réagir en présence d’un agent qui mettrait en jeu la sensibilité de la peau; on ne peut obtenir des mouvements dans ses membres qu’en excitant directement les muscles ou leurs nerfs moteurs.

Le Cerveau a la forme d’une masse arrondie, grisâtre et molle. Il est composé, comme la moelle épinière, de substance blanche et de substance grise, et renferme, comme elle, des tubes nerveux et des cellules. Mais, — à l’inverse de ce qu’on observe pour la moelle, — la substance grise occupe la périphérie, V écorce du cerveau, tandis que la substance blanche se trouve au centre. De plus, dans l’épaisseur de la substance blanche, se trouvent des noyaux importants de tissu gris, indiquant la présence, dans certaines régions centrales de l’organe, des cellules nerveuses, foyers d’activité propre.

Dans le cerveau, comme dans la moelle, la substance blanche est conductrice des excitations reçues, tandis que le pouvoir d’émettre spontanément des excitations motrices est dévolu à certaines cellules de la substance grise,

La substance grise du cerveau peut, comme celle de la moelle, manifester son activité propre par des effets réflexes. Le cerveau donne naissance à des nerfs moteurs et à des nerfs sensitifs, et une impression sensitive peut donner lieu à un mouvement réflexe dans les muscles animés par les nerfs crâniens. — C’est

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