CHAPITRE IX
LE SURMENAGE (fIN).
Un hercule phtisique. — Le cheval flambé à rentraînement.
Le surmenage lent. — Epuisement par usure des tissus organiques. — DifTérence du processus physiologique entre le surmenage rapide et le surmenage lent. — Autointoxication et autophagie.
Dangers des déperditions excessives. — Défaut d’équilibre entre les dépenses et les recettes. — Appauvrissement de l’organisme par l’excès de travail. — Atrophie et dégénérescence des muscles. — Les mollets des coureurs. — Surmenage du muscle cardiaque. — Le cœur forcé.
Les formes nerveuses du surmenage. — L’anémie des centres nerveux et l’épuisement de la substance nerveuse. — h' épilepsie des marcheurs. — Nos observations sur le paysan. — La folie par surmenage ; influence de la saison des moissons sur sa fréquence. — Fréquence des névroses chez les paysannes surmenées.
üii jour, passant devant une baraque de lutteurs, nous fûmes frappé par l’apparence maladive d’un homme qui haranguait la foule, tout en exécutant des tours de force avec des boulets de canon et des haltères. C’était un grand garçon efflanqué, à l’aspect famélique, aux traits tirés, aux membres longs et amaigris, paraissant pourtant doué d’une très grande force musculaire, à en juger par la facilité avec laquelle il manœuvrait ses poids.
La baraque avait un aspectmisérable et le public qui s’y pressait n’était rien moins que choisi ; mais le désir de voir à l’ouvrage notre hercule taillé en phtisique l’emporta sur le respect humain, et, grimpant sur la planche inclinée qui servait d’escalier, nous entrâmes dans V établissement.
Là, nous pûmes observer l’homme de plus près et constater que ses membres, malgré la vigueur dont ses exercices faisaient preuve, étaient secs et décharnés. Ses maigres cuisses qui faisaient merveille dans l’assaut éa savate ne remplissaient plus le maillot, dont l’étoffe retombait en plis nombreux. Enfin une voix éteinte et rauque, jointe à quelques petites quintes de toux, don-