LE RÉGULATEUR DU TRAA^AIL
pour l’individu de l’acLivité excessive de ses muscles est un véritable régulateur du travail, qui fonctionne avec d’autant plus de sensibilité que l’excès d’exercice présente plus de danger pour l’organisme.
Chez un homme très affaibli , la sensation de fatigue est très pénible : c’est que, dans un corps très faible, les organes, ayant peu de résistance, seraient exposés à subir très facilement les avaries du travail. Chez l’homme de vie inactive surchargé de tissus de réserve, la fatigue se produit très intense à propos du moindre travail. C’est que l’exercice violent, à cause des tissus de réserve exubérants que son organisme renferme, amènerait promptement chez lui la courbature et le surmenage.
Si l’on jette un coup d’œil d’ensemble sur les faits du travail et sur les faits de la fatigue, on peut voir aisément que les uns dérivent des autres , et il est facile de saisir les rapports de cause à effet qui les unissent.
Quand le muscle se contracte avec force, il se produit, dans toutes les parties sensibles de la région où siège le travail, des secousses et des froissements d’où résulte une douleur. Il se produit en outre dans le muscle, par le fait même de son travail, un mouvement de désassimilation d’où résultent des substances organiques toxiques, et la présence de ces produits de combustion est cause de la sensation locale d’impuissance qu’on éprouve dans le muscle qui a travaillé.
Mais l’organisme tout entier se trouve associé au travail d’un seul muscle. Par le fait même de la contraction musculaire , le liquide sanguin subit une accélération qui oblige le cœur à activer ses mouvements. Le poumon reçoit plus de sang qu’à l’état normal et se congestionne , les mouvements respiratoires augmentent de fréquence. Alors intervient une nouvelle cause de malaise, la saturation du sang par l’acide carbonique, résultant des combustions du travail. Une souffrance générale de l’organisme est le résultat de cette intoxication passagère, contre laquelle le poumon s’efforce de lutter pour chasser au dehors le gaz nuisible : l’Ess.oufQement se produit.
A l’essoufllement se joignent les sensations pénibles dues à réchauffement du sang et à l’impression que produit ce sang surchauffé sur les centres nerveux, et ainsi se trouve complété le tableau de la Fatigue Générale qui suit l’exercice.
Mais, aussitôt le travail interrompu, les troubles fonctionnels du cœur et du poumon s’apaisent, par suite de ralentissement de
LA FATIGUE
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l’impulsion donnée au sang. En môme temps la production d’acide carbonique diminue, et celui qui était formé s’élimine rapidement, la température du sang s’abaisse par rayonnement et par l’évaporation de la sueur qui inonde le corps.
Tout devrait alors rentrer dans l’ordre, et pourtant, si l’exercice a été poussé très loin, l’organisme, malgré le repos des muscles, se trouve sous le coup d’une souffrance persistante qui est la Fatigue Consécutive. Les membres qui ont travaillé conservent un certain degré d’endolorissement que le repos ne fait pas disparaître d’emblée, parce que les muscles ont subi de véritables lésions mécaniques sous l’influence du travail : tiraillements, petites déchirures des fibrilles, froissements des membranes d’enveloppe et des synoviales, contusions dés articulations.
Mais d’autres souffrances se développent aussi qui ne peuvent plus s’expliquer par une cause mécanique : ce sont la fièvre , le malaise général, la sensation de faiblesse et l’abattement, symptômes indiquant que l’organisme est sous le coup d’un agent toxique. Ces malaises sont dus au passage dans le sang des produits de désassimilation qui engorgeaient les muscles et dont le courant sanguin dépouille peu à peu la fibre musculaire pour les porter au rein chargé de les balayer au dehors. Le nettoyage de la machine musculaire par le sang est d’autant plus long que les scories dues à l’exercice sont plus abondantes.
Pendant tout le temps qui s’écoule entre la production de ces déchets et leur expulsion par l’urine, l’organisme se trouve sous le coup d’un véritable empoisonnement : d’où la fièvre de courbature et la sensation de malaise général. Les déchets azotés auxquels est due la courbature fébrile se détachent lentement des muscles et passent lentement à travers le filtre rénal. Pendant tout ce temps qui précède leur élimination , l’organisme est sous le coup de leur action et lutte contre elle.
Ainsi s’expliquent l’apparition tardive de la fatigue consécutive et sa persistance après que le travail a cessé.
Enfin, si les déchets sont trop abondants ou l’organisme trop peu résistant, on voit ces substances nuisibles donner lieu, par un processus que nous ne connaissons pas, à la production d’autres substances pareilles , qui se renouvellent dans le sang pendant un grand nombre de jours, et donnent lieu aux fièvres graves de surmenage.
Nous sommes ainsi fondé à dire que le point de départ de tous les accidents généraux de la fatigue est un empoisonnement de