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LES EXERCICES VIOLENTS

moinenl où nous serons aussi étonnés de prendre de l’exercice en marchant que l’était M. Jourdain do faire do la prose en parlant. Dans les établissements universitaires, et môme dans les pensionnats de jeunes filles, on peut voir se dresser les engins les plus compliqués et s’enseigner les mouvements les plus ditîiciles, — on pourrait dire les plus grotesques. — On ne comprend pas, faute d’une analyse attentive , que beaucoup d’amusements auxquels s’adonnent de tout jeunes enfants sont en réalité des exercices violents, tandis que beaucoup d’exercices de la gymnastique officielle ne sont que des tours difficiles.

On peut prouver par des chiffres que la dépense de force , but qu’on veut atteindre par la gymnastique, est plus grande dans certains jeux d’enfants que dans certains exercices dos agrès qui semblent demander une vigueur exceptionnelle.

Supposons une jeune fille s’amusant à sauter à la corde. Chaque saut peut atteindre facilement une hauteur de 0,10 et se renouveler 100 fois par minute. Si nous représentons par la lettre P le poids du corps de la jeune fille, nous verrons que son travail évalué en kilogramrnètres est de P X 0”,10 X 100 ou P X 10 mélres, ou, en d’autres termes, que le travail exécuté par une jeune tille qui saute à la corde pendant une minute représente une dépense de force capable d’éloA^er son corps une hauteur de 10 mètres. Or, il n’y a pas beaucoup de gymnasiar([ues capables de grimper à une hauteur de 10 mètres en une minute à la force des poignets ; il n’y en a probablement aucun qui pourrait continuer cette ascension pendant 3 minutes à la môme vitesse, tandis qu’il y a bon nombre de petites tilles qui peuvent sauter à la corde pendant 5 minutes et plus sans s’arrêter.

Dans l’acte de sauter à la corde, le travail n’est pas exécuté avec les mêmes muscles que dans l’acte de grimper à la corde lisse ; aussi les effets locaux de ces deux exercices seront-ils différents. Mais, si dans les deux exercices le nombre de kilogramrnètres effectués est le même , les effets généraux du travail seront identiques, car les modifications des grandes fonctions organiques, et en particulier les modifications de la respiration, sont en raison directe de la somme totale du travail effectué en tin temps donné. Or, dans l’application de l’exercice à l’hygiène, ce sont surtout les effets généraux du travail qu’on recherche ; on veut activer le cours du sang, augmenter la puissance du mouvement respiratoire, associer en un mot toutes les grandes fonctions de l’économie au travail.

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