FATIGUE NON RÉPARATRICE; AMAIGRISSEMENT
cices de vitesse est certainement la cause qui rend plus difOcile la réparation de l’organisme à la suite de ces exercices, ün sait, en effet, le rôle important que joue le système nerveux dans la nutrition et l’atrophie rapide que subissent les régions du corps dans lesquelles la distribution de l’influx nerveux est entravée soit par une section des nerfs, soit par une paralysie d’origine centrale.
C’est donc, sans aucun doute, à la dépense considérable d’intlux nerveux et b la prostration inévitable qui la suit qu’il faut attribuer l’amaigrissement dû aux exercices de vitesse. On observe cette tendance h la dénutrition dans toutes les circonstances d’ordre physique ou moral qui provoquent une grande dépense d'influx nerveux. On maigrit sous l’influence d’une préoccupation continuelle ou d’un travail intellectuel très soutenu.
Selon nous, si le travail de vitesse a le privilège d’amener l’amaigrissement du sujet, ce n’est pas tant par l’excès de déperdition qui l’accompagne que par le défaut de réparation qui le suit. De la dépense excessive d’influx nerveux qui se produit pour hâter la contraction du muscle, il résulte un épuisement momentané des forces qui président â la nutrition, et les tissus brûlés par le travail n’ont pas do tendance à se réparer.
Il se produit pendant un exercice de vitesse un ébranlement nerveux rappelant celui qui succède à une vive émotion ou â une forte tension d’esprit. La fatigue due à la vitesse ôte souvent l’appétit et le sommeil. Ces résultats sont surtout très marqués chez les sujets impressionnables, et c’est chez eux qu’on peut voir combien la fatigue due à la vitesse est contraire à la réparation de l’organisme. Beaucoup d’enfants, après avoir trop couru, ne peuvent ni manger ni dormir. Beaucoup de chevaux trop nerveux refusent leur avoine après une journée de chasse vivement menée. On n’observe pas ces caprices d’estomac chez les animaux de gros trait tonus des journées entières sur le collier.
Chez l’homme, il est très remarquable d’observer la différence que produit dans la nutrition l’exercice de vitesse comparé à l’exercice de force. Les chargeurs, les portefaix, les hercules de foire ont habituellement une structure massive qui s’accentue de plus en plus par l’exercice de leur profession. Les coureurs, les danseuses, les prévôts d’escrime sont généralement sveltes et amaigris.
Si nous voulons résumer en quelques mots les résultats des exercices de vitesse, nous voyons qu’il faut distinguer les effets
LES EXERCICES DE VITESSE
qui sont dus ii l’accumulation du travail et ceux qui tiennent à la fréquence des mouvements.
L’exercice de vitesse a un point commun avec l’exercice de force : c’est la quantité très grande de travail mécanique (pi’il peut produire. La succession rapide d’un grand nombre d'efforts aboutit, en dernière analyse, au môme résultat que la grande intensité d’un petit nombre d’efforts très espacés. — On pourrait dire, en empruntant une image à la thérapeutique, que ces deux modes d’exercice ont pour résultat de faire supporter à l’organisme des « doses massives » de travail.
Mais l’exercice de vitesse produit des résultats particuliers très différents de ceux des exercices de force. Ces résultats sont dus non plus à la grande quantité de travail mécanique effectué, mais à la succession rapide des mouvements. La vitesse des mouvements a sur l’organisme une influence particulière, indépendamment de leur plus ou moins grande énergie. C’est sur le système nerveux que se fait sentir cette influence, et c’est, en dernière analyse , h un surcroît de travail des centres nerveux que sont dus les effets très spéciaux des exercices de vitesse.