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MÉCANISME DE L'AGRANDISSEMENT DU THORAX

et repoussera en bas les viscères abdominaux, au lieu de se laisser refouler par eux vers les poumons. Le diamètre vertical de la poitrine sera ainsi augmenté, tandis qu’il était diminué tout à l’heure par X aspiration des viscères , et au total il se trouvera que les combinaisons gymnastiques les plus ingénieuses n’ont pas autant d’efficacité pour augmenter l’espace intra-thoracique que les inspirations profondes faites au repos.

La conséquence qui s’impose, c’est que la meilleure gymnastique pour amplifier la poitrine est celle qui oblige le sujet à faire les plus profondes inspirations.

Avant de développer cette idée, il faut exposer ici le mécanisme en vertu duquel l’ampliation momentanée et passagère du thorax 1 peut arriver à produire en peu de temps une augmentation défi- T nitive de sa capacité. Mais d’abord remarquons qu’il n’y aurait nul i avantage pour la respiration à augmenter l’épaisseur des parois

' thoraciques, si la cavité du thorax gardait une capacité restreinte.

C’est donc l’espace intra-thoracique qui doit être amplifié , si on veut augmenter la puissance respiratoire du sujet.

Or, il n’y a qu’un moyen d’augmenter cet espace . lî’est d’aug- ! menter le volume de son contenu, c’est-à-dire du poumon.

Il serait illusoire de compter sur l’élévation des côtes, sur une i direction favorable donnée aux articulations costales, sur la force i des muscles inspirateurs, etc., si le poumon n’était pas augmenté de volume en même temps que la cavité thoracique se trouve dilatée. Que le poumon vienne à s’affaisser, et les côtes les plus relevées s’abaissent , la poitrine la plus bombée s’aplatit et se creuse. Le vide de la cavité pleurale est absolument incompatible avec l’attitude relevée des côtes, et, quoi qu’on fasse, une poitrine vide tombe dans l’attitude de l’expiration.

C’est ce que nous voyons tous les jours à la suite des épanchements pleurétiques résorbés, quand le poumon, bridé par des fausses membranes, est incapable de reprendre son volume normal et se trouve réduit, ratatiné sur lui-même, n’occupant qu’une moitié ou un tiers de l’espace qu’il remplissait auparavant. Quelle que soit la vigueur des muscles inspirateurs, quelle que soit la direction des articulations costales, les côtes ne peuvent plus se relever, parce que le vide ne ueutpas exister dans la cavité pleurale.

Dans le thorax au repos, c’est le volume du contenu qui détermine celui du contenant. Si vous voulez développer la poitrine , ne cherchez pas à relever les côtes, cherchez à gonfler d’air toutes

F. L^on.^NOE

LES U-a'-l'TATS DE l’EXERCICB

les cellules du poumon, vous ne pouvez y arriver par aucun moyen mécanique, et les combinaisons les plus savantes de mouvements musculaires ne donnent qu’un résultat incomplet quand elles ne sont pas accompagnées du mouvement — volontaire ou instinctif — de l’inspiration forcée.

Les expériences de M. Demény prouvent assurément que les attitudes gymnastiques signalées par lui sont les plus efficaces pour relever les côtes ; mais elles prouvent aussi que le relèvement des côtes, porté à son summum, ne suffit pas pour donner au poumon toute l’ampleur possible, puisque, au moment où les côtes se relèvent, le diaphragme est refoulé vers la poitrine et les viscères remontent. Le champ respiratoire perd ainsi à la base de la poitrine ce qu’il gagne au sommet.

L’ampliation momentanée du thorax pendant l’inspiration peut bien résulter de la contraction énergique des muscles inspirateurs; mais son ampliation définitive, celle qui persiste à l’état de repos, ne peut être produite que par l’augmentation de volume du poumon.

Comment l’organe pulmonaire peut-il acquérir un plus grand volume par le fait de la gymnastique? Par un mécanisme bien connu en physiologie, par le déplissement de certaines de ses cellules habituellement inactives, et qui entrent enjeu dans l’inspiration forcée seulement. Le déplissement des cellules pulmonaires est d’autant plus complet que la quantité d’air introduite dans l’arbre aérien est plus considérable. Le gaz atmosphérique attiré au poumon par une très puissante inspiration cherche sa place dans les coins les plus reculés et va gonfler les cellules de certains départements qui d’ordinaire ne prenaient pas part à la fonction respiratoire.

L’augmentation définitive de volume du poumon est la conséquence de cette respiration supplémentaire souvent répétée. Les cellules habituellement silencieuses, et qui se tenaient en réserve pour le cas de besoin respiratoire excessif, sortent de leur inaction; leurs parois, ordinairement aplaties et même agglutinées entre elles, s’écartent et admettent dans leur cavité l’air qui n’a pu se loger dans l’espace restreint suffisant pour les respirations

habituelles.

Si les inspirations forcées se répètent souvent, les cellules dont l’action a été ainsi accidentellement sollicitée finissent pas s’associer régulièrement aux mouvements respiratoires habituels.

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