LA RESPIRATION FORCÉE
Elles se modifient alors très promptement dans le sens le plus favorable à l’efficacité de leur travail, selon la loi si souvent signalée de l’adaptation des organes à la fonction qu’ils exécutent.
Ainsi, les respirations forcées ont pour résultat de modifier la structure de certaines régions du poumon en les faisant fonctionner davantage. Sous l’influence d’un travail inaccoutumé, les vésicules augmentent de capacité et reçoivent plus d’air. Elles reçoivent aussi plus de sang. Leur réseau capillaire devient plus riche, et leur nutrition plus active. Elles finissent ainsi par prendre dans l’organe une place moins effacée et par occuper un espace plus grand.
C’est ainsi que le fonctionnement régulier d’un grand nombre de cellules habituellement inactives peut augmenter rapidement le volume du poumon.
Si nous suivons jusqu’au bout l’enchaînement des modifications produites par les respirations forcées, nous voyons que le poumon va repousser les narois thoraciques pour se faire une place en rapport avec son volume plus grand. En effet, une étroite solidarité physiologique unit les parois de la cavité thoracique et le contenu de cette cavité. Ces parois qui sont essentiellement mobiles s’accommodent toujours, par une attitude plus ou moinsrelevée, au volume plus ou moins grand du poumon. Si on examine des sujets au repos, et dans l’état intermédiaire entre 1 inspiration et 1 expiration, on observe que, chez ceux dont le poumon est très développé , les côtes gardent une direction se rapprochant de celle qu’elles ont dans l’inspiration : la poitrine est bombée. CJiez ceux, au contraire, dont le poumon est d’un faible volume, les arcs costaux tendent à rester abaissés, et à garder une attitude qui se rapproche de celle de l’expiration : la poitrine est aplatie. C’est ainsi que le développement plus ou moins grand du poumon, organe interne, peut s’évaluer à l’aide de la mensuration externe , soit au moyen d’un cordon gradué , soit mieux encore, à l’aide de l’ingénieux appareil de JM. Demeny.
Si nous résumons les faits ci-dessus énoncés , nous serons amenés à conclure que, pour relever les côtes et faire disparaître e vice de conformation qui consiste dans l’aplatissement du borax, il ne faut pas chercher à agir directement sur les muscles horaciques, mais chercher à provoquer des mouvements respirato res aussi étendus que possible.
Il y a deux procédés pour amplifier la respiration : le premier
LES RÉSULTATS DE L’EXERCICE
consiste à dilater volontairement tous les diamètres du thorax. C’est là un moyen qui tombe dans le domaine de la « gymnastique de chambre » ; on l’a beaucoup préconisé, et il peut donner de bons résultats. L’autre procédé rentre plus directement dans le cadre de notre étude. Il consiste à augmenter par l’exercice l’ampleur du mouvement respiratoire.
Le problème se dégage maintenant bien net et bien limité. Il s’agit, pour développer le thorax, de savoir quels sont les exercices les plus propres à provoquer une série de mouvements respiratoires très amplifiés. Or l’ampleur de la respiration, aussi bien que sa fréquence, est en raison directe de l’intensité du besoin de respirer, et nous savons que ce besoin est d’autant plus intense que la quantité de travail mécanique exécuté par les muscles dans un temps donné est plus considérable (1).
Les exercices capables à' accumuler le travail sont donc aussi les plus propres à augmenter le volume du thorax, en demandant au poumon un fonctionnement exagéré. Et nous savons que cette accumulation de travail se rencontre surtout dans les exercices de force et de vitesse.
Ainsi le mécanisme de l’exercice, son exécution à l’aide de tels ou tels muscles, sont des conditions secondaires pour le résultat dont nous parlons. Peu importe le procédé par lequel la force musculaire est dépensée, pourvu qu’il s’en dépense beaucoup en peu de temps. Il est indifférent que les mouvements soient très lents, chacun d’eux représentant un nombre très grand de kilogrammètres, ou qu’ils soient extrêmement rapides, chacun d’eux représentant un effort modéré. Il faut seulement que la somme de travail représentée par ces mouvements rares ou nombreux soit très considérable pour un temps très court.
Or la quantité de travail qu’un groupe de muscles peut effectuer en un temps donné est subordonnée à leur force. Il y a des groupes musculaires trop faibles pour faire beaucoup de travail en peu de temps. Un seul bras pourra dépenser toute sa force sans que le résultat de son travail représente, au bout de 1 unité de temps, une somme très grande de kilogrammètres. Aussi»
(1) Voir chapitre IX : De l’essoufflement.