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CHAPITRE III

EFFETS LOCAUX DE i’eXERCICE.

EIFüts de Toisinage. Effets utiles : compression des vaisseaux par les muscles en mouvement ; accélération de circulation qui en résulte. — Disparition des œdèmes pendant l’exercice.

Effets nuisibles de la contraction musculaire ; compression excessive des organes internes. — Dangers de Ve/fort.

Effets du travail sur le muscle. — Effets utiles : accroissement de volume. — Effets nuisibles ; diminution de l’organe par excès de travail. — Les accidents du travail. Les ruptures musculaires ; les coups de fouet. — Tendance de la fibre musculaire à se rétracter par l’excès de travail. — La demi-flexion de l’avant-bras chez les gymnastes. — Dangers de la rétraction musculaire. — Comment se produisent les déviations de la colonne vertébrale par l’exercice mal dirigé.

Le travail des muscles produit des effets locaux de deux sortes. Les uns portent sur le muscle lui-même , sur les os qu’il fait mouvoir, et sur les articulations centres des mouvements. Les autres se font sentir à toute la région dans laquelle a lieu le mouvement et portent sur des organes qui ne prennent pas une part directe à l’exercice. Il y a lieu d’étudier isolément les effets d. rects de la contraction musculaire, et ses effets « de voisinage ».

Les principaux effets de voisinage observés dans les régions qui sont le siège de mouvements musculaires répétés sont dus à la compression que le muscle , en se raccourcissant et en s’épaississant, fait subir aux parties les plus proches. Cette pression peut s’exercer sur des vaisseaux contenant des liquides, comme la lymphe et le sang , ou bien des matériaux plus solides , tels que les matières intestinales, et la pression subie peut être ainsi transmise à des points éloignés. De là résultent des effets qui ne sont plus absolument localisés et servent de trait d’union entre les résultats locaux de l’exercice et ses effets généraux.

EtTETS LOCAUX DE l'EXERCICE

C’est ainsi que la contraction des muscles abdominaux peiidant l’exercice peut influencer les fonctions digestives en faisani cheminer le bol alimentaire à travers le tube intestinal. Un exer cice demandant l’entrée en jeu des muscles de l’abdomen favorise ainsi la défécation et peut faire disparaître les malaises digestifs dus à la constipation.

De même, la compression exercée par les muscles sur les vaisseaux capillaires donne au cours du sang une impulsion plus active qui peut se faire sentir jusqu’au cœur, comme la pression exercée sur un tube en caoutchouc plein d’eau se transmet jusqu’au réservoir élastique avec lequel ce tube communique. De cette façon la contraction locale d’un muscle peut exercer une influence sur le cours général du sang. On sait que la stagnation du sang , dans des membres immobiles , peut produire du gonflement et de l’œdème , et l’on sait aussi que ces membres peuvent reprendre leur volume normal sous l’influence d’un exercice qui provoque des contractions dans les muscles, et une accélération mécanique du cours du sang dans les capillaires.

Les effets de la compression musculaire sur les parties avoisinantes ne sont pas toujours utiles et hygiéniques ; maintes fois les contractions peuvent, parleur exagération, amener des accidents. Ainsi, la contraction exagérée des muscles abdominaux peut faire que les intestins , trop pressés , viennent distendre un orifice naturel et s’y engager. C’est ainsi que des hernies se produisent dans le canal inguinal ou dans le canal crural, par l’issue d’une anse intestinale trop violemment pressée. Cet accident se produit le plus habituellement pendant l’acte de Veffort qui exige, ainsi que nous l’avons expliqué , une contraction très énergique des muscles de l’abdomen.

Il peut arriver des accidents plus graves encore à la suite d’une contraction musculaire très intense. L’effort a pour condition essentielle la compression du poumon gonflé d’air, sur lequel les côtes prennent point d’appui. Une énergique pression , proportionnée à l’intensité du travail musculaire, se fait sentir pendant l’efforl aux gros vaisseaux de la poitrine et même au cœur. Il peut arriver ainsi que la pression exercée sur les vaisseaux soit assez forte pour faire refluer le sang dans les capillaires du poumon ou du cerveau et pour amener des déchirures de ces vaisseaux, et, par suite, l’hémorragie pulmonaire et cérébrale.

On a observé des ruptures des grosses veines du rachis sous l’influence d’un effort trop violent. Dans ce cas , il se produit

LES RÉSULTATS DE l’eXERCICE

une hémorragie de la moelle épinière et nne paraplégie^ c’esl-àdire une paralysie de la partie du corps située au dessous de la lésion. On voit quelquefois un cheval, attelé à une voiture trop lourde, donner un coup de collier énergique et tomber paralysé du train de derrière. Dans son effort trop violent, l’animal s’est rompu non les reins, comme on le dit communément, — mais un vaisseau de la moelle épinière , et une paraplégie s’est produite.

On a cité même des ruptures du cœur sous l’influence d’un effort trop violent. — Un portefaix de Bordeaux avait parié de soulever, à lui seul, une barrique pleine. Dans l’effort surhumain qu’il voulut faire pour déplacer cet énorme fardeau, le cœur se rompit, et la mort fut instantanée.

Ces résultats mécaniques de l’exercice sont, ainsi que nous le disions en commençant, sur la limite des effets locaux et des effets généraux. Nous allons signaler à présent ceux qui se localisent dans la région même qui est le siège.

La contraction musculaire peut être la cause d’effets utiles, et aussi l’occasion d’accidents et de lésions diverses. Parmi les résultats fâcheux du travail, les uns sont l’effet inévitable et l’aboutissant obligé de la contraction musculaire; d’autres,au contraire, ne se produisent qu’accidentellement, soit par un vice dans l’exécution du travail , soit par un défaut de résistance dans les organes qui le supportent.

On a signalé une foule de cas de ruptures de muscles pendant l’exécution d’un acte musculaire. Ces ruptures, qui portent le nom de coups de fouet ^ se produisent toutes les fois que la fibre musculaire se contracte avec une énergie qui dépasse sa propre résistance. Elles sont souvent la conséquence d’un mouvement mal coordonné. Par exemple, un muscle seul sera employé à un mouvement pour l’exécution duquel tout un groupe de muscles serait nécessaire; le muscle se rompt comme se romprait une corde trop faible employée à soulever un poids trop lourd. Ou bien le défeut de coordination tiendra à ce que la partie â déplacer sera sollicitée par un effort soudain à passer de l’immobilité au mouvement sans avoir subi un travail préalable de mobilisation. C’est ainsi que les mouvements imprévus sont des causes fré-

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