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LE DOS ROND DES GYMNASTES

les muscles de la nùque se contracter énergiquement par un effort qui semble enfoncer le cou dans les épaules. Tout le corps se ramasse sur lui-même , et la colonne dorsale se courbe énergiquement pour amener le plus possible les épaules en avant de la barre et alléger ainsi la charge des bras, en même temps que le bassin se relève le plus possible pour ramasser tout le poids du corps et remonter le centre de gravité. — Le gymnasiarque nous offre à ce moment la plus disgracieuse attitude qu’on puisse imaginer. Or, l’on sait que le corps tend à garder l'empreinte d’une attitude souvent reproduite.

Cette attitude ramassée de la partie supérieure du corps , avec flexion exagérée des six à huit premières vertèbres dorsales, est caractéristique de tous les mouvements de rétablissement en avant. Elle se retrouve aussi dans les culbutes qui exigent un mouvement de révolution du corps autour d’un bâton de trapèze, ou autour de la ligne fictive qui réunit deux anneaux de fer. Tous ces exercices nécessitent la flexion forcée de la colonne dorsale et obligent le gymnaste à faire le gros dos.

D’autres exercices en gymnastique semblent, au premier abord, propres à contrebalancer l’effet de ceux dont nous venons de signaler l’inconvénient. Si le trapèze et la barre fixe font travailler les fléchisseurs de la colonne vertébrale, on dit qu’en revanche les barres parallèles font surtout agir les extenseurs. C’est vrai, et pourtant ces exercices ne tendent pas à corriger l’apparence voûtée que gagne la colonne dorsale quand on fait du trapèze.

En effet, les barres parallèles, comme tous les engins qui exigent l’appui du corps sur les mains , tendent à porter en avant les moignons des épaules , de telle sorte que , sans augmenter la voussure du dos , ils la rendent plus apparente. Quand le poids du corps est supporté par les bras , qui le transmettent aux épaules , il faut que les muscles volumineux qui entourent l’omoplate , la clavicule et la tête humérale se contractent énergiquement pour faire de ces trois os un tout solide et résistant, capable de jouer le rôle du bassin. Les muscles, auxquels revient la plus grande part dans ce travail de consolidation d’une région essentiellement mobile, sont les pectoraux, car ils ont pour rôle d’attirer le moignon de l’épaule en avant et en dedans, et c’est la position que prend toujours la tête de l’humérus dans lers exercices aux parallèles.

Chez l’homme qui progresse le long de deux barres parallèles.

LES RÉSULTATS DE L’EXERCICE

appuyé sur les bras verticalement tendus, le tronc pendant par son propre poids, il est facile de voir que la ligne allant d'une épaule à l’autre passe notablement en avant de celle qu’on obtiendrait en prenant les mêmes points de repère chez un homme debout au port d’armes. C’est la contraction énergique et soutenue des pectoraux qui , pendant toute la durée de l’appui sur les mains, donne à la partie articulaire de l’omoplate cette direction en avant. De plus, l’écartement des barres étant toujours supérieur à la largeur des épaules les bras sont écartés du corps et la poussée qu’ils transmettent à l’articulation scapulo-humérale se fait à la fois de bas en haut et de dehors en dedans.

En d’autres termes, les barres parallèles tendent, pendant l’exercice, à rentrer les épaules, à les relever et à les porter en avant.

Nous n’avons pas à insister ici sur le mécanisme physiologique qui tend à rendre définitive une attitude souvent reproduite. Rappelons seulement qu’un muscle souvent contracté avec une très grande énergie tend à se raccourcir définitivement, et par conséquent à rapprocher ses deux points d’attache. C’est ainsi qu’à la suite d’un travail très soutenu et fréquemment répété , le pectoral finit par rapprocher son point d’insertion le plus mobile , qui est le col de l’humérus , de son insertion la plus fixe qui est la région de la poitrine, ou, en d’autres termes, par attirer les épaules en avant et en dedans.

Enfin, la poussée de l’humérus de dehors en dedans tend à laisser son empreinte dans la conformation du sujet, par la déformation qu’elle fait subir soit à la clavicule elle-même, en exagérant sa courbure, et, par conséquent, en diminuant sa longueur, soit aux cavités articulaires en modifiant leur profondeur et leur direction.

L’analyse des mouvements explique donc, ce que le simple coup d’œil constate : la gymnastique des agrès déforme ceux qui en abusent.

Elle tend à ramasser le corps et à lui donner une apparence voûtée : 1“ en grossissant outre mesure les muscles des épaules et du dos ; 2“ en exagérant la convexité de la colonne vertébrale au niveau des sept ou huit premières vertèbres dorsales.

Elle tend non pas à diminuer l’ampleur réelle du thorax, mais à faire paraître la poitrine rentrée, en portant le moignon de l’épaule en avant, en dedans et en haut.

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