RÔLE DE LA CHALEUR
Chacun peut remarquer sur soi-même un certain engourdissement des membres au sortir du lit. Les animaux qu’on surprend dans leur sommeil sont toujours assez longtemps à trouver toute leur énergie musculaire, et n’ont pas, au départ, la vitesse qu’ils acquièrent après quelques secondes de fuite. Quand un lièvre déboule et essuie deux coups de fusil qui ne l’atteignent pas, le chasseur maladroit le croit presque toujours blessé. Il semble incapable de courir et ses premiers pas sont si lents qu’un chien pourrait le prendre ; mais au bout de quelques mètres, les illusions du tireur novice se dissipent : l’animal est réchauffé et file comme un trait.
La chaleur est donc un élément indispensable h la contraction musculaire. Il ne faut pas pourtant que la température atteigne un degré trop élevé, car alors, au lieu d’augmenter l’activité des muscles, la chaleur la détruit. Pour l’homme et les mammifères, il n’y a plus de contraction dans un muscle qui atteint -f 43”. A cette température, les combustions vitales attaquent trop profondément les tissus musculaires et détruisent d’une manière définitive leurs propriétés ; le muscle meurt.
L’excès de travail musculaire suffit pour amener l’organisme à cette température à laquelle le corps ne peut vivre. C’est une des raisons pour lesquelles un animal meurt forcé. Si le travail devient excessif, il arrive à produire une telle quantité de chaleur que le rayonnement par la surface du corps et l’évaporation des liquides de l’économie ne peuvent plus suffire à ramener la température dans les limites compatibles avec la vie. Le sang surchauffé est mortel pour les centres nerveux : l’animal dont le corps s’est surchargé de calorique sous l’influence d’une course trop prolongée meurt dans des conditions analogues à celles d’un homme frappé d'insolation sous le soleil du tropique.