LES ORGAN’ES DU MOUVEMENT
Exercice et travail. — Le muscle. — Le nerf; théorie de l’avalanche. — La moelle épiiiiére; les rcflcxcs; les mouvements inconscients. — Le cerveau; les mouvements provoiiués; les mouvements voulus. — Les centres moteurs; actes musculaires associés.
La volonté, agent du travail.
La contraction musculaire. — Trajet d’une excitation volontaire; mode de transmission. — La vibration nerveuse et l’onde musculaire. — Durée de la iransmissiou; le lemps perdu; la période d'excitation latente.
On appelle exercice du coros un travail exécuté dans le but de perfectionner l’organisme humain au point de vue de la force, de l’adresse ou de la santé.
Il n’y a scientifiquement aucune différence entre le labeur professionnel que le besoin impose au paysan ou à l’ouvrier, et l’exercice plus ou moins élégant auquel s'adonne un sportsman. Le manœuvre qui scie du bois, et le gentleman qui fait des armes produisent tous les deux du travail musculaire . Mais l’homme du monde fait de l’exercice à ses heures, règle ii son gré le temps qu’il y consacre et prend, suivant les préceptes de l’hygiène, la nourriture et le repos, tandis que le pauvre hère travaille trop, mange mai et dort peu.
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C’est pour ces raisons que le travail épuise l’un, pendant que l’exercice fortifie l’autre.
Du reste, ce que l’ouvrier fait par nécessité, l’homme passionne pour les jeux violents peut le faire par excès d’ardeur. Dans les deux cas le résultat est le même , et l’abus d’exercice amène aussi bien que l’excès de travail l’épuisement et le surmenage.
Exercice du corps et travail sont donc synonymes au point de vue physiologique et nous les confondrons dans cette étude en les ramenant à leur acte fondamental, la contraction musculaire.
Les agents immédiats du mouvement sont les muscles^ faisceaux de fibres rougeâtres dont l’ensemble forme les masses charnues qui entourent les différentes pièces du squelette.
Les muscles entrent, comme poids, pour plus de moitié dans ia structure du corps humain. De là l’importance de l’exercice musculaire comme modificateur de la nutrition. En effet, le travail change profondément la condition physiologique et la composition chimique des muscles, et beaucoup d’exercices font travailler à la fois toutes les régions musculaires du corps. On comprend ainsi que l’organisme puisse se trouver associé tout entier aux modifications survenues dans une masse si importante de tissus vivants.
Les tissus musculaires du corps sont divisés en faisceaux plus ou moins volumineux , de forme généralement allongée , et présentant deux extrémités dont chacune se termine le plus souvent par un tendon qui la rattache à un os. Chacune de ces divisions constitue un muscle, et chaque muscle se subdivise en faisceaux secondaires. Enfin , les faisceaux secondaires eux-mêmes se décomposent en fibres primitives , éléments fondamentaux de- 1 organe.
Les fibres primitives du muscle sont constituées essentiellement par une sorte de gaine membraneuse appelée sarcolemme^ dont le contenu est le suc musculaire .
Le suc musculaire, ou plasma^ est complètement liquide à une basse température. — Kühn en rapporte une curieuse preuve : il a vu un helminthe vivant nager dans l’intérieur d’une fibre primitive. — Maison ne peut constater la nuiditê du plasma que parles froids
LES OKGANES DU MOUVEMENT o
rigoureux qui congèlent les autres matériaux du muscle. Poui le voir à l’état liquide, il faut l’observer à — 3“. Il tend déjà à se coaguler à 0”, et, quand la température dépasse 43°, il passe tout à fait à l’état solide.
Le plasma ne se coagule pas seulement sous 1 influence de la chaleur. Il tend aussi à se solidifier par le contact de certains acides^ et notamment de l’acide lactique qui se forme dans les muscles en travail.
Nous verrons, en parlant des phénomènes de la fatigue, quel rôle important joue dans le surmenage aigu la coagulation des sucs musculaires sous l’influence de la chaleur excessive et des produits acides abondants qui se développent dans les muscles forcés.
Les muscles sont doués de la propriété de se contracter, c’està-dire de se raccourcir en rapprochant leurs extrémités, à la façon d’un cordon de caoutchouc distendu qui revient sur lui-même.
Quand un muscle se contracte, il attire à lui les os auxquels il est attaché. Grâce à des effets variés de levier, de poulie, de pivot, etc., qui se passent dans les articulations, ce mouvement fondamendal de traction se transforme à l’infini , et les membres se fléchissent, se tendent, se tournent et se retournent dans tous les sens.
Les muscles sont chargés d’exécuter les mouvements ; mais ils ne peuvent les provoquer par eux-mêmes , sans le secours d’un agent qui les fasse entrer en contraction. La force contractile du muscle est une force latente comparable à celle de la poudre à canon qui ne peut détoner sans l’étincelle. Le muscle livré à lui-même reste inerte et ne peut sortir de son inaction, de son repos, s’il n’y est sollicité par un excitant quelconque.
L’excitant le plus habituel du muscle est la Volonté, mais beaucoup d’autres agents peuvent mettre en jeu ses propriétés contractiles. Toute action mécanique , physique ou chimique portée surle muscle, un choc, une piqûre, une décharge électrique, le contact d’un acide énergique, etc., peut jouer le rôle d’excitant, et provoquer des contractions et des mouvements.
Pour mettre en jeu V irritabilité du muscle, propriété grâce à laquelle l’organe excité entre en contraction, il suffit que l’agent excitant soit appliqué directement sur la fibre musculaire. Ainsi, sur un animal qu’on vient de sacrifier, il suffit de mettre un muscle à nu et d’en pincer fortement les fibres pour voir ce muscle se contracter et faire mouvoir les os auxquels il s’attache.