‹ Physiologie des exercises du corpsChapitre 4 sur 184 · I.E TRAVAIL MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

I.E TRAVAIL MUSCULAIRE

Au premier abord, on serait tenté de croire que la volonté aussi bien que les autres excitants du muscle, agit directement sur l’organe moteur.

Le fai-t de vouloir et le fait d’agir paraissent si intimement liés l’un à l’autre qu’ils semblent se confondre. Au moindre commandement, notre main saisit un objet, le place ou le déplace, et obéit avec tant de ponctualité et de rapidité que la volonté semble exciter directement les muscles. Il n’en est rien, et cette faculté a besoin, pour leur transmettre ses ordres, d’un enchaînement très compliqué d’organes intermédiaires, sans lesquels son action est' nulle.

Ces intermédiaires sont les nerfs, la moelle épinière et le cerveau.

Si on coupe les nerfs du bras, la volonté la plus énergique s’épuise en vain pour chercher à mouvoir le membre : les muscles ne se contractent plus.

On dit généralement que la section des nerfs paralyse

les muscles. L’expression n’est pas exacte : ces muscles n’ont pas perdu la faculté de se contracter, mais ils sont soustraits à l’influence de la volonté, et ne reçoivent plus ses ordres. Sous l'influence d’autres causes d’excitation, ils continueraient à entrer en contraction et à faire mouvoir les os auxquels ils s’attachent. Si l’on électrise ces muscles qui semblent paralysés, si même on se contente de les pincer fortement, on y provoque des contractions et des mouvements.

Une section de la moeiie epmière, une lésion du cerveau, ont aussi pour résultat de mettre les muscles hors de l’atteinte de la volonté, sans, pour cela, détruire leur contractilité.

La contractilité est une force inhérenie au muscle et qui ne lui vient pas de son nerf moteur. Si l’on détruit avec soin tous les filaments nerveux qui se rendent à un muscle, celui-ci, réduit à ses seuls éléments, ne perd pas pour cela la faculté d’entrer en contraction sous l’influence d’une excitation quelconque.

Le muscle a une individualité et une puissance propres, en dehors de toute action nerveuse.

En détachant un muscle de la cuisse sur un chien qui vient d’être sacrifié, on peut faire exécuter du travail par ce muscle ainsi isolé et qui n’est plus qu’un lambeau du corps de l’animal. Si on fixe le muscle à un clou par une de ses extrémités, tandis qu’on attache à l’autre extrémité un poids qu’on laisse retomber verticalement, il suffit, le muscle étant ainsi tendu, de pincer

Page 1