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APPARITION TARDIVE DES SÉDIMENTS

limpidité pendant un laps de temps beaucoup plus long; nous en avons observé pour lesquels les sédiments ne se montraient que dans l’urine émise six et sept heures après l’exercice.

Au risque de nous répéter, nous tenons à bien établir que ce délai moyen de trois ou quatre heures ne s’applique pas au temps écoulé entre l’émission de l’urine et la formation du précipité, mais au temps qui sépare la fin de l’exercice de l’instant où l’urine est rendue. — Du reste, l’urine qui doit déposer est émise, comme toujours, parfaitement limpide et se trouble plus ou moins vite suivant la température du milieu ambiant.

Voilà donc un premier fait : les sédbnents urinaires qui s'observent chez Vhomme à la suite du travail ne doivent être recherchés que dans Vurine émise trois heures au moins après l'exercice.

Cette particularité peut être une cause d’erreur pour les observateurs. Si on recueille l’urine émise une heure après le travail, on n’y trouvera jamais les précipités uratiques et on pourra conclure que l’exercice n’en a pas produit, alors qu’il s’en montrera de très abondants dans l’urine de la troisième ou quatrième heure, sur laquelle l’examen n’aura pas porté.

Mais une autre conclusion découle du fait signalé ci-dessus : ce fait prouve que les substances organiques qui doivent former les précipités s’éliminent tardivement, et séjournent dans l’économie pendant un temps prolongé avant de passer sur le filtre rénal. Or l’on sait que le rein n’élabore pas les substances retrouvées dans l’urine, mais qu’il les élimine telles qu’elles lui sont apportées par le sang. Les matières excrémentitielles, qui sont les déchets du travail musculaire, se trouvent donc toutes formées dans l’organisme avant de passer au travers de l’organe sécréteur. Elles peuvent faire sentir leur influence nuisible pendant un temps prolongé , puisqu’elles séjournent plusieurs heures dans l’économie.

Il faut ajouter que cette production des sédiments uratiques commençant trois heures après le travail se prolonge quelquefois pendant vingt-quatre heures, c’est-à-dire aussi longtemps que les malaises généraux de la fatigue.

Le moment où le précipité s’observe étant ainsi établi, il est facile d’étndier riiilliience qu’exercent sur sa production d’abord

LA FATIGUE

les conditions dans lesquelles se fait le travail, et ensuite l’état physiologique dans lequel se trouve le sujet.

Si le travail est peu intense et dure peu, le précipité fait défaut. Il est très abondant au contraire quand l’exercice est très violent et très prolongé. Le sujet sur lequel on observe restant le même, les sédiments urinaires sont d’autant plus abondants et se montrent pendant une période de temps d’autant plus prolongée que l’exercice a nécessité un travail musculaire plus intense et plus soutenu. — Suivant la violence plus ou moins grande de l’exercice, ie précipité peut varier depuis un imperceptible nuage ne se montrant qu’une fois dans l’urine d’une seule miction, jusqu’aux dépôts les plus épais rendant trouble et boueux tout le liquide émis pendant vingt-quatre heures.

Mais l’état du sujet a bien plus d’influence que la violence de l’exercice pour augmenter ou diminuer la quantité de sédiments rendus à la suite du travail. Plus on se rapproche de l’état à.' entraînement^ et moins abondants sont les dépôts de l’urine pour une même quantité de travail. A mesure qu’on acquiert par l’exercice plus de résistance à la fatigue , les urines perdent leur tendance à faire des dépôts.

Rien d’intéressant comme de suivre pas à pas cette progression inverse des deux phénomènes : résistance à la fatigue et émission d’urines sédimenteuses. Si le même individu se livre chaque jour au même exercice nécessitant la même dépense de force; s’il entreprend, par exemple, de parcourir, en ramant pendant une heure, une distance donnée toujours la même, il arrive que son exercice, après lui avoir donné les premiers jours de fortes courbatures, ne produit plus, au bout d’une semaine, qu’un malaise insignifiant. Il arrive aussi que ses urines, après avoir donné lieu à des précipités très abondants au début, ne présentent plus, en dernier lieu, qu’un imperceptible nuage. A mesure que les sédiments deviennent plus rares , la sensation de fatigue consécutive tend à diminuer, et le jour où les urines gardent, après le travail, toute leur limpidité, l’exercice ne laisse plus à sa suite aucune espèce de malaise ; la courbature ne se produit plus.

Il y a donc un lien étroit, une coïncidence constante entre la formation des sédiments uratiques et la production de la courbature.

Cette remarquable corrélation se retrouve dans toutes les circonstances qui peuvent faire varier les effets du travail. Si 1 on passe d’un exercice auquel le corps est fait, à un autre exercice exigeant l’action d’un groupe musculaire différent, on éprouve

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