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INFLUENCE DE L'ÉTAT D'ENTRAÎNEMENT

de nouwau les malaises de la courbature, et les urines recommencent à. présenter des sédiments. — Ainsi, l’homme habitué à dos marches forcées ne ressent aucune fatigue consécutive le lendemain d une longue étape faite h pied. Il éprouvera cependant une courbature s'il essaye de faire,. sans y être habitué, une courte rcpiise d’esenme. Si on examine son urine, on pourra constater que ce liquide, qui gardait toute sa limpidité après douze heures de marche, se trouble fortement apres vingt minutes d (Lisanl 11 en sera toujours ainsi quand on entreprendra un travail nouveau capable de mettre en jeu des muscles qui n’ont pas encore été exercés.

L’étroite corrélation qui existe entre la courbature de fatigue et la formation des substances d’excrétion qui troublent la limpidité do l’iirine, peut être constatée même dans les circonstances accidentelles qui font varier la résistance du sujet et le rendent momentanément plus vulnérable à la fatigue. Sous l’inlluence d'une indisposition légère, d'un trouble insignifiant de la santé, il arrive souvent, comme le savent tous les amateurs de sport, que l’aptitude au travail est momentanément diminuée. Ces jourslà, le gymnasiarque n'a pas sa vigueur habituelle et l’exercice est suivi d’une sensation de malaise oubliée depuis longtemps. L'homme rompu au travail nous présente alors les mêmes phénomènes de fatigue que le débutant, et aussitôt ses urines, qui ne se troublaient plus depuis longtemps à la suite de l’exercice, recommencent à déposer dos sédiments uraliques.

Nous avons maintes fois observé cos faits sur nous-môme et avons pu les noter aussi sur d’autres sujeis, ainsi que le prouve l’observation suivante.

Un de nos amis, canotier intrépide, entraîné à outrance, se prêtait à nos études sur les modiücalions du liquide urinaire par le travail; mais il était tellement endurci à l'exercice musculaire, que jamais ses urines ne présentaient le moindre sédiment : la fatigue n’avait plus prise sur lui. Un matin, nous ramions avec lui, dans le môme canot, et nous fûmes surpris de ne pas lui trouver sa vigueur accoutumée . il lui fallut toute son énergie morale pour manier l’aviron jusqu’au bout du parcours habituel. Deux nuits sans sommeil avaient produit cette faiblesse momentanée. Or, ce jonr-là, l’exercice lui laissa pour la journée tout entière une sensation de malaise et de courbature qu’il n’éprouvait jamais, et ses urines qui, depuis longtemps, demeuraient

LA FATTGUE

constamment limpides après le travail, présentèrent des dépôts pratiques très abondants.

Toutes les fois que l’organisme se trouve dans un état de « moindre résistance », il y a tendance à production des sédiments uraliques, et tendance aussi à la manifestation des symptômes de la courbature.

Il peut arriver que le défaut de résistance de l’organisme soit produit passagèrement par une cause d’ordre moral, une préoccupation vive, une émotion dépressive. Il nous a été permis de constater que, dans cet état d’abattement physique et moral, un homme très endurci au travail peut perdre momentanément son immunité pour la fatigue, et présenter à la suite d’un exercice musculaire les symptômes de la courbature ; mais , du même coup, ses urines perdent leur limpidité habituelle à la suite du travail, et se chargent de sédiments. Nous avons observé ce fait sur un homme rompu à tous les exercices de corps, et en état de parfait entraînement, qui s’adonnait régulièrement à l’escrime. Il faisait des armes tous les jours, sans présenter jamais ni phénomènes de courbature, ni sédiments dans les urines. Un jour, à la suite d’une assez courte leçon d’armes prise sous le coup de la préoccupation d’un duel sérieux pour le lendemain, il ressentit les malaises d’une courbature très accentuée, et nous constatâmes la présence dans ses urines d’un abondant précipité.

Tels sont les faits d’observation montrant la solidarité constante qui existe entre l’émission des déchets uraliques et la production de la courbature de fatigue. Toutes les circonstances capables de rendre l’homme plus vulnérable à la fatigue ont le privilège de créer en même temps une disposition de l’urine à se charger de sédiments.

Entre ces deux phénomènes, émission d’urines troubles et malaises consécutifs de l’exercice, il y a une corrélation tellement constante qu’il est impossible de n’y pas voir un rapport de cause à effet.

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