‹ Physiologie des exercises du corpsChapitre 6 sur 184 · TI · texte numérisé non relu

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On peut comparer les nerfs moteurs aux fils métalliques destinés à conduire à un appareil récepteur l’électricité qu’ils reçoivent d’un appareil électro-moteur. Ils portent aux muscles les excitations émanant du cerveau. Ils leur portent aussi toutes celles qui peuvent leur venir des agents extérieurs. Un pincement, un choc électrique, le contact d’un acide, peuvent actionner le muscle par l’intermédiaire du nerf. Si l’on électrise un cordon nerveux, l’effet produit sur le muscle auquel se rend ce cordon sera identique à celui qu’on obtiendrait en électrisant directement le muscle.

La Volonté a besoin du secours des nerfs pour transmettre aux muscles l’ordre d’agir. Chez l’homme le plus vigoureux et le plus énergique, il suffit de couper un de ces petits filaments si grêles pour voir tomber dans l’inertie les muscles auxquels il se rend. La Volonté s’épuise alors en efforts inutiles et donne en vain des ordres répétés. Son appel n’est pas entendu.

C'est ainsi qu’entre deux postes télégraphiques la rupture des fils rend toute communication impossible.

Les nerfs n’ont, par eux-mêmes, aucune action capable de provoquer des mouvements. Ils ont pour rôle unique de transmettre aux muscles les excitations qui mettent en jeu leurs propriétés vitales.

Il faut dire pourtant que, suivant certains physiologistes, le nerf, outre le pouvoir de conduire une excitation qu’il reçoit, aurait encore celui de renforcer cette excitation.

D’après Pflüger, dans un nerf ébranlé soit par un choc mécanique, soit par une décharge électrique, soit encore par l’action

LE TliAVAlL MUSCULAIRE

de la volonté, il se passerait un phénomène que ce physiologiste appelle V avalanche nerveuse. De même qu’un bloc de neige détaché d’un haut sommet grossit en descendant la pente du névé et présente, à son arrivée dans la vallée, une masse plus grande qu’au départ , ainsi l’excitation subie par le nerf se trouverait amplifiée par son passage à travers le cordon conducteur et arriverait au muscle beaucoup plus intense qu’elle n’a été produite à l’origine.

Le nerf serait donc un appareil de renforcement en même temps qu’un appareil conducteur: il augmenterait l’intensité des excitations qu’il transmet, comme le microphone augmente l’inlensité des sons qui le traversent.

Si la théorie de Pflüger est exacte, et si le nerf a réellrment le pouvoir d’amplifier les excitations qu’il conduit au muscle, il nous est permis de croire que ce pouvoir se développe par l’exercice, comme toutes les aptitudes physiologiques des organes qui travaillent. Les nerfs moteurs d’un homme qui se livre aux exercices du corps doivent donc devenir plus aptes à renforcer les excitations volontaires. Cette aptitude peut entrer pour une certaine part dans l’augmentation de force parfois surprenante qu’on observe chez les hommes entraînés^ et qu’on ne peut pas toujours expliquer par l’accroissement des tissus musculaires; elle permettrait d’obtenir avec un effort de volonté modéré une excitation plus intense de la fibre motrice, et, conséquemment, une contraction plus énergique.

Les nerfs ont, de tous les tissus nerveux, la structure la plus simple, car on n’y observe qu’un seul tissu fondamental, la substance blanche. Cette substance est constituée par des éléments allongés en forme de fibres creuses ou de tubes dans lesquels on aperçoit au microscope une sorte de filament qu’on appelle cylindre-axe. Dans les points où le nerf moteur se distribue au muscle, le cylindre-axe se termine par un épanouissement en forme de disque qu’on appelle la plaque motrice et qui se confond intimement avec les parois d’enveloppe des dernières fibrilles musculaires. La plaque motrice est le Irait d’union qui unit le nerf au muscle. C’est par elle que s’établit la comm. nicalion entre l’organe moteur et le conducteur qui lui porte les ordres de la volonté.

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