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LE FONCTIONNEMENT PERFECTIONNE L ORGANE

Les faits constatés chez l’homme qui travaille tous les jours se rapportent très exactement à la loi que nous venons d’exposer Le travail musculaire tend à modifier la nutrition de tous les organes moteurs et à leur donner une structure qui favorise l’exécution des mouvements. Si l’on passe en revue tous les organes qui concourent à l’exécution du travail , on voit que tous sont soumis à cette loi physiologique de 1 adaptation à la fonction, ou, en d’autres- termes, du perfectionnement par le travail. On voit aussi , si l’on fait des observations contradictoires , que le défaut de fonctionnement des organes a pour résultat leur déchéance et l’arrêt de leur développement.

Les muscles grossissent par le travail, en même temps que leurs fibres deviennent nettes de tout tissu gênant et se dépouillent de la graisse qui pouvait entraver leur contraction. Le repos atrophie au contraire la fibre musculaire, et le muscle trop longtemps inactif s’infiltre de tissus graisseux.

Les articulations sont les parties du corps dont le fonctionnement parfait a la plus grande importance pour l’exécution des mouvements. Aussi n’y en a-t-il aucune qui subisse plus qu’elles l’influence de l’exercice musculaire. Pour s’en rendre compte, il faut comparer la jointure qui a gardé une immobilité prolongée à celle qui a été soumise à des mouvements répétés. Celle qui agit beaucoup acquiert une merveilleuse facilité à se mouvoir ; celle qui est restée dans l’inaction finit par s'ankyloser et les os qui la composent arrivent à se souder entre eux. L’exercice d’un membre conserve à ses jointures toute leur mobilité, et c’est là ce qui fait que les gymnasiarques gardent jusque dans la vieillesse des mouvements souples et de^ attitudes juvéniles. Pourtant l’âge tend à incruster des sels calcaires sous les tissus de l’économie ; les artères du vieillard sont dures et perdent leur élasticité ; ses tissus fibreux tendent à s’indurer et ses ligaments sont envahis progressivement par l’ossification. Mais le mouvement continuel d’une jointure s’oppose au travail d’incrustation calcaire qui tend à l’envahir ; le travail rend impossible l’ankylosè et la dégénérescence calcaire des tissus fibreux : tant que l’homme fait agir ses muscles, il conserve la liberté de ses membres. — La persistance de la fonction conserve l’intégrité de l’organe.

Les organes internes, sous l’influence de l’exercice musculaire, subissent eux aussi des changements favorables à l’exécution de l’acte souvent rénété.

l’accoutlmance au travail

^Le poumon, dont toutes les cellules entrent en jeu par suite d une respiration plus active , se déploie et repousse de tous côtés les pièces osseuses dans lesquelles il est emprisonné ; le thorax se dilate , les côtes se relèvent et la poitrine prend une forme bombée très caractéristique. Tous les gymnasiarques de profession présentent une sorte de voussure à la partie de la poitrine qui correspond aux côtes supérieures et à la clavicule. On a pris des mesures sur les jeunes militaires de l’École de gymnastique de Joinville, et on a constaté en très peu de mois un accroissement de plusieurs centimètre's dans la circonférence de la poitrine sous l’influence de l’exercice musculaire auquel ils se livrent.

Il est facile de comprendre combien la respiration doit être facilitée par cette augmentation de capacité du thorax. Le volume d’air introduit dans les cellules pulmonaires est beaucoup plus considérable, et, ^élimination des déchets respiratoires se faisant sur un champ beaucoup plus vaste , l’essoufflement diminue pendant l’exercice.

Le cœur subit, lui aussi, un changement de volume et de structure. Ses fibres musculaires prennent de l’accroissement, et surtout leur tissu devient plus ferme, plus dense; il se dépouille de la graisse qui le gênait et ôtait à ses fibres leur tonicité. Cette modification est favorable à l’exécution de l’exercice, car un cœur vigoureux chasse le sang avec énergie et lui fait traverser sans difficulté la trame des organes. L’impulsion plus énergique donnée au sang s’oppose à l’engorgement des vaisseaux capillaires du poumon pendant l’exercice , et supprime ainsi une cause très puissante d’essoufflement : la congestion pulmonaire passive.

Par quel mécanisme l’exercice musculaire amène-t-il dans les organes les transformations dont nous venons de présenter un aperçu sommaire? Pour répondre à cette question il faut pénétrer plus avant dans le détail des changements subis par un organisme qui travaille chaque jour et étudier l’influence de l’exercice sur la nutrition des tissus vivants.

L’exercice musculaire a pour premier effet d’activer les combustions vitales, et par conséquent de diminuer la masse des tissus aux dépens desquels ces combustions s alimentent. Mais il a

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