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MODIFICATION DES ORGANES PAR LE TRAVAIL

(ja fonction fait l’organe. Disparition des organes par cessation des fonctions : entretien des organes ])ar persistance du fonctionnement, Pourquoi les gymnastes restent souples jusque dans leur vieillesse.

Müdificalion des organes du mouvement par l’exercice. Modification des appareils organiques associés au mouvement ; amplification du poumon.

Transformation des tissus vivants par le travail. — Assimilation plus active ; accroissement des muscles. Désassimilation plus r.apide ; diminution des tissus de réserve.

Augmentation de la force par l’accroissement des tissus musculaires.

Diminution de la fatigue; elle est due à la disparition progressive des tissus de réserve. — Gomment nous expliquons ce résultat. — La graisse, cause d’essoufllement. Par quel mécanisme v lusufl'isance des explications admises. — La théorie des entraîneurs ; la « graisse interne ». ODjections à cette théorie. Observations pratiques. — La graisse de réserve et la graisse de constitution. — Les coureurs gras. — La désassimilation facile des graisses de réserve, cause d'essouffiementpar excès d’acide carbonique produit. — Les tissus de réserve azotés et la fatigue consécutive. — La disparition de la courbature de fatigue liée à la disparition des sédiments urinaires après l’exercice. — Nos observations personnelles sur la fatigue.

Les physiologistes disent que « la fonction fait V organe ». Ce mot signifie que le corps humain s’adapte matériellement, par un changement de conformation, à un acte souvent répété.

Il est toujours difficile de se représenter exactement un fait énoncé sous une forme générale et abstraite. Nous tâcherons donc de donner un corps à l’idée que nous exprimons, en citant un exemple. — Chez un homme atteint de luxation de l’épaule , la tête de l’humérus est sortie de la cavité articulaire et s’est fixée dans une région voisine. Supposons que la réduction n’ait pas été faite, la luxation ne guérit pas, et, la tête de l’os ne rentrant pas dans le creux d’où elle s’est échappée, les mouvements no s’exécutent plus, le membre s’immobilise dans la position vicieuse que lui a donné l’accident, et au bout de quelques mois

L ACCOUTUMANCE AU TRAVAIL

V ankylosé se produit. Si le médecin est alors appelé, il est trop tard pour remettre en place les os luxés ; et il n’y a plus qu’un conseil à donner , celui de faire agir le plus possible le bras pour lui rendre la faculté de se mouvoir. En effet, par suite des mouvements journellement imprimés à l’os, il arrrive que les fonctions se rétablissent et que le bras, tout en restant dans une position irrégulière , redevient capable d’agir.

On voit des sujets dont la tête humérale est allée se loger entre la clavicule et les premières côtes, à plusieurs centimètres en dedans de l’articulation normale, et qui cependant recouvrent, par le fait même de l’exercice journalier des bras, une grande partie des mouvements de leur membre. Si on a l’occasion de faire l’autopsie de ces sujets, on trouve alors que l’os du bras s’est creusé une cavité nouvelle aux dépens de la clavicule et des côtes avec lesquelles il est en contact. Si la luxation est ancienne et si le sujet a beaucoup agi avec son membre luxé, la cavité articulaire de nouvelle formation présentera toutes les apparences d’une articulation normale. Une membrane synoviale, du cartilage, des tissus fibreux formant une capsule d’enveloppe , enfin tous les éléments qui constituent une articulation, se seront développés sur un point où il n’en existe pas à l’état normal. On appelle fausse articulation cette jointure ainsi créée de toutes pièces. — L’articulation , oi'gane indispensable au mouvement, peut donc être créée par le mouvement même.

Ainsi « la fonction fait l’organe ». Mais de cette loi découle un corollaire qu’on pourrait formuler ainsi : « la cessation de la fonction fait disparaître l’organe ».

Dans le cas pris pour exemple , la cavité articulaire d’où s’était échappé l’humérus luxé, n’étant plus le centre de ses mouvements, perd en très peu de temps sa forme , sa structure normale ; le liquide synovial qui servait à lubréfier les surfaces articulaires , n’étant plus utilisé, ne se sécrète plus; la synoviale elle-même disparaît ; bien plus , les cartilages articulaires sont remplacés peu à peu par des tissus osseux, et, au bout d’un certain temps, la cavité articulaire tout entière se comble et disparaît. — La cessation de la fonction a fait disparaître l’organe. — La loi qui rattache intimement l’existence de l’organe à celle de la fonction n’est nulle part aussi évidente que dans le travail musculaire. Elle s’applique non seulement à la création d’un organe nouveau par une fonction nouvelle , mais encore au perfectionnement de l’organe déjà existant par le fait d’un fonctionnement plus fréquent.

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