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ÉDUCATION DE LA RESPIRATION

ISo

s’essoufflent par des mouvements trop précipités et trop raccourcis du thorax. On peut arriver à régler sa respiration à l’aide de certains principes méthodiques enseignés, mais on y arrive, sinon aussi vite, du moins aussi sûrement, en se laissant aller aux tâtonnements plus ou moins conscients qui accompagnent tout exercice nouveau.

En résistant tous les jours à un mouvement réflexe primitivement irrésistible, il n’est pas impossible d’arriver à dominer ce mouvement. Les personnes qui retiennent leurs larmes ou leur rire, qui étouffent un éternuement ou arrêtent une quinte de toux, sont la preuve que la volonté énergiquement tendue peut lutter d’une façon efficace contre une impulsion instinctive et un besoin organique.

Par contre , on peut arriver, en se laissant aller aux mouvements spontanés, à se créer de véritables maladies. Certains malades, en prenant l’habitude de tousser avec excès, finissent par créer de toutes pièces des toux nerveuses^ contre lesquelles tous les remèdes échouent parce qu’on n’emploie pas le bon qui serait un effort tenace de la volonté.

L’éducation des réflexes, l’empire pris sur les organes, en un mot l’asservissement des mouvements habituellement spontanés aux ordres de la volonté, peuvent donc amener une grande diminution de la fatigue dans les exercices de corps.

Les modifications purement fonctionnelles qui surviennent dans l’organisme par l’effet de l’accoutumance ne peuvent être attribuées à un autre facteur qu’à l’agent régulateur des fonctions organiques, c’est-à-dire au Système Nerveux.

C’est le système nerveux qui préside à toutes les fonctions, et tient sous sa domination le jeu de tous les organes. S’il survient un trouble dans la structure, la nutrition, ou simplement dans le fonctionnement du système nerveux, on observe immédiatement que les fonctions organiques subissent des perturbations diverses, et cela malgré l’intégrité parfaite des appareils qui les exécutent. Du côté des muscles on voit des paralysies, des contractures, des convulsions succéder aux plus légères lésions du cerveau, de la moelle épinière ou des nerfs. On voit aussi, du côté t es organes internes, des troubles profonds se manifester dans la

L ACCOUTUMANCE AU TRAVAIL

fréquence, le rythme ou l’intensité des mouvements du cœur et du poumon, et cela en l’absence de toute lésion des appareils de la respiration et de la circulation, et sous l’influence unique d’un trouble passager de circulation dans certains points des centres nerveux. Enfin, les glandes elles-mêmes peuvent présenter une perversion complète de leurs sécrétions sous l’influence des moindres lésions subies par les nerfs qu’elles reçoivent.

On ne peut, de même , attribuer qu’au système nerveux, et aux modifications que peuvent subir ses éléments, les perfectionnements observés dans le jeu des organes, dans le cas où ces organes ne présentent pas des changements de structure capables de les expliquer. — Si un muscle, après avoir acquis le summum de développement auquel il peut atteindre, continue à augmenter de puissance par l’effet du ti^avail, et cela tout en cessant de s’accroître, on ne peut attribuer cet accroissement purement dynamique de sa puissance, qu’à un changement, — connu ou non, — dans la partie du système nerveux qui préside à ses mouvements.

Or, en étudiant la structure des nerfs chez un homme accoutumé au travail, on n’y constate aucun changement appréciable, pas plus que dans celle du cerveau et de la moelle épinière. Entre la substance nerveuse d’un homme adonné à l’exercice corporel, et celle d’un homme qui ne fait pas agir ses muscles, il est impossible de constater aucun caractère différentiel rappelant les changements si tranchés que produit sur la fibre musculaire l’état de travail comparé à l’état d’inaction. Et pourtant l’esprit se refuse à admettre que la loi de transformation des organes par l’exercice puisse atteindre tous les appareils organiques du corps à l’exclusion d’un seul. Il est prouvé que la substance grise du cerveau est un organe indispensable à l’exécution des mouvements volontaires : comment croire que sa nutrition puisse ne subir aucune influence, et ne conserver aucune trace de ce fonctionnement répété, alors que nous voyons tous les organes associés même indirectement au travail, le poumon et la peau, par exemple, présenter une apparence extérieure et une structure intime qui trahissent à l’œil de l’observateur les habitudes de travail du sujet?

S’il est démontré que « la fonction fait l’organe », si le travail modifie les appareils à l’aide desquels il s’exécute, l’exercice musculaire doit forcément produire des modifications dans le cerveau, instrument indispensable à l’exécution des mouvements volontaires. Le travail nerveux qui se produit dans la substance grise

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