PHYSIOLOGIE DE L'ENTRAÎNEMENT
les enveloppements dans des linges mouillés, les bains de vapeur, les vêtements extrêmement chauds, etc.
On peut se convaincre par expérience que la disparition de la graisse amène toujours une diminution de certains malaises de la fatigue, et surtout de réchauffement du corps, et de 1 essoufflement. Une série de suéôs à l’étuve disposent bien le sujet aux exercices de vitesse, avant même qu’il n ait fait aucun travail.
Les autres pratiques de l’entraînement peuvent se résumer en trois préceptes ! 1° éviter dans l’alimentation tout ce qui peut favoriser la reproduction de la graisse perdue ; 2“ favoriser le fonctionnement de la peau ; 3“ fournir à la respiration un air bien oxygéné.
On écarte du régime de l’homme qui s’entraîne les boissons aqueuses, parce qu’elles peuvent, en remplaçant trop vite les pertes faites par la sueur, diminuer la tendance à la résorption des tissus mous. Pour une raison analogue, on lui défend les farineux, les sucres et tous les aliments capables de pousser à la graisse, toutes les substances réputées aliments d’épargne, comme l’alcool.
Les fonctions de la peau ont une grande importance, et leur régularité parfaite est nécessaire à deux points de vue. En premier lieu, la peau est organe de sécrétion ; elle élimine les déchets liquides ou gazeux qui résultent des combustions du travail , et nous avons dit que les malaises de la fatigue sont dus pour la plupart à une intoxication du sang par ces déchets. Il y a donc tout avantage, au point de vue de la résistance à la fatigue, à favoriser leur prompte sortie de l’organisme. En second lieu, la peau est un organe respiratoire qui absorbe l’oxygène de l’air, et on sait combien un sang bien oxygéné est vivifiant et plastique.
Il est une autre prescription à laquelle les entraîneurs attachent une très grande importance: c’est la tranquillité d’esprit du sujet. L’homme « en condition » doit être tenu à l’écart de toute préoccupation, de toute émotion dépressive. Il faut éviter à ses nerfs toute espèce d’ébranlement, et le mettre à l’abri de toute sensation trop vive ; aussi lui défend-on les plaisirs de l’amour, aussi bien que les soucis etles peines morales. Nous ajouterons, d’après nos observations personnelles, qu’il faut lui interdire aussi les travaux de l’esprit. Le travail d’esprit s’ajoutant à l’exercice augmente la tendance à la désassimilation des tissus et favorise
l’accoutumance au rnAVAIL ;
la déperdition^ mais il s’oppose à la reconstitution des éléments musculaires; de telle sorte que le sujctlivré à la fois aux fatigues inlellccluelles et au travail musculaire maigrit promptement et ■ ne peut recouvrer sous forme de muscles les tissus de réserve | qu’il a perdus. Il a tendance à tomber dans l’état de surmenage par épuisement organique.
Enfin l’aération parfaite du local habité par le sujet est considérée comme une condition capitale du succès de l’entraînement. L’homme qui s’entraîne doit habiter hors des grandes villes et res- ' pirer un air vivifiant capable de rendre son sang plus riche en . oxygène.
Mais, parmi tous les agents modificatcm’s de l’organisme utilisés par les entraîneurs, le plus important est le travail. Il peut remplacer tous les autres , et aucun d’eux ne peut le suppléer. Le travail, en effet, est capable à lui seul de produire le double résultat cherché : augmentation du volume des muscles , et diminution des tissus de réserve. Il brûle directement les graisses en les utilisant pour alimenter la contraction musculaire ; il les use aussi indirectement en élevant la température du sang, et en échauffant le corps autant que pourrait le faire une étuve ou une surcharge de vêtements. Sous l’influence du travail, des combustions plus intenses se produisent dans les tissus, et une transpiration plus abondante produit la déperdition cherchée par l’entraîneur. j
Outre ces effets qui sont communs au travail musculaire et i aux moyens accessoires usités dans l’entraînement , îl est des résultats que le travail seul peut donner. Et d’abord, la con- ■ traction musculaire souvent répétée est le seul moyen de développer les muscles, et par conséquent d’augmenter la force. De plus, il est une forme de la fatigue qui ne peut être atténuée, ' comme l’essoufllemcnt , par la résorption des tissus graisseux : c’est la courbature. Nous savons en effet que cette forme de la fatigue n’est pas due à des produits résultant de la combustion des graisses, mais bien à des produits dus à la désassimilation de certains tissus azotés, de réserve qui s’accumulent dans les fibres |
du muscle inactif. |
Or, le travail seul semble avoir prise sur ces réserves azotées. | Les suées et les déperditions artificielles, qui diminuent beaucoup la tendance à l’essoufllcment, ne donnent pas la moindre immunité pour la courbature.