SUPÉRIÜRÏIË DE L ENTRAÎNEMENT LENT
Ainsi tous les résultats obtenus par les moyens accessoires, tels que le régime alimentaire, les purgations et les suées, le travail musculaire à lui seul pourrait les donner. Mais alors le résultat se ferait attendre plus longtemps. Il faut aussi dire qu’il serait plus durable.
Les modifications qu’on observe dans le tempérament de l’être vivant sous l’infiuence d’un entraînement méthodique se produisent très promptement, mais se perdent avec la plus grande facilité. Six semaines de régime sévère amènent la « condition » parfaite, mais un mois d’interruption fait perdre au sujet tout le bénéfice de l’entraînement et le ramène à la conformation première.
L’observation des faits les plus usuels nous montre au contraire la stabilité des modifications acquises par le fait d’un travail musculaire persistant.
On voit tous les jours des hommes et des animaux soumis à une vie continuelle de travail musculaire acquérir ainsi à la longue la conformation que donne si vite la méthode de l’entraînement. Si un changement complet vient alors à se produire dans leurs habitudes, ils peuvent perdre les attributs de l’homme entraîné, mais ce n’est pas en un mois qu’ils reprennent, comme le sujet cité par Worthington, des tissus de réserve exubérants.
Quand un homme a passé sa vie dans le rude labeur des champs, ou dans la pratique assidue des exercices du corps , il est rare qu’il ne conserve pas une conformation svelte et musculeuse pendant de longues années après avoir abandonné le travail. De même, un bœuf de harnais employé à des travaux pénibles pendant un temps trop long et qu’on veut ensuite préparer pour la boucherie, semble réfractaire à l’engraissement, et sa chair reste ferme et coriace. Malgré le repos absolu et l’alimentation surabondante, ses muscles ne peuvent perdre tout à fait la dureté acquise par un travail prolongé.
Si nous jetons un coup d’œil sur un homme modifié par les préparations que nous venons de décrire sommairement, nous verrons qu’il s’est produit dans son organisme de profondes transformations qui en font pour ainsi dire un être nouveau. II diffère par la structure de ses tissus, par la conformation et par
L ACCOUTUMANCE AU TRAVAIL
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le caractère essentiel de l’homme , c est augmentation des tissus destinés à mouvoir le ^ disparition presque complète de ceux qui ont pour a imenter les combustions sans lesquelles les mouvements ne seraient pas possibles.
L homme entraîné peut se comparer à une machine thermique on on aurait consolidé les rouages, mais qui ne porterait plus avec elle les provisions de combustible destinées à alimenter le oyer. a suite des préparations de l’entraînement, les tissus de reserve ayant disparu, c’est aux aliments seuls que l’homme doit eman er les matériaux nécessaires à l’entretien du travail. Aussi ne faut-il pas confondre la faculté de résister à la fatigue avec celle de supporter les privations. Le cheval de course, si apte à fournir un travail intense et prolongé, supporte fort mal le manque de nourriture et ne pourrait se soutenir avec la maigre ration qui suffît à un bidet breton. Il en est de même chez l’homme entraîné : si 1 alimentation vient à manquer, l’épuisement sera prompt. En revanche, les combustions, n’ayant plus pour aliments des tissus d une désassimilation trop facile, produisent moins do déchets. La fatigue, qui est le résultat d’une auto-intoxication du corps par les déchets des combustions , aura moins de tendance à se produire.
Chez 1 homme en parfaite « condition » , les produits d’excrétion que chassent hors du corps les organes éliminateurs ne seront plus les mêmes qu’avant l’entraînement, puisque les tissus dont la désassimilation leur donnait naissance auront été modifiés dans leur structure. Le poumon rejettera moins d’acide carbonique à travail égal , et n’éliminera plus certains produits gazeux encore mal définis, mais qu’on sait résulter de la combustion de matériaux tenus trop longtemps en réserve dans l’organisme. La peau n’exhalera plus ces acides gras volatils dont l’odeur est quelquefois si caractérisée chez les personnes d’une vie sédentaire. Les reins, enfin, à la suite d’un travail musculaire intense, ne rejetteront plus au dehors ce surcroît d’urates et d’autres déchets azotés qu’on retrouve dans les sédiments urinaires et qui sont si abondants chez les sujets non entraînés atteints par la courbature de fatigue.
Les hygiénistes ont depuis longtemps signalé ce fait que toutes