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CHAPITRE IV

EXERCICES DE VITESSE

Accumulation du travail par la succession rapide des mouvements. Résultats communs aux travaux de force et aux exercices de vitesse ; la « soif d’air » ; l’essoufflement.

Force et vitesse combinées. — L’exercice « forcé » ; ses dangers.

Rôle du système nerveux dans l’exercice de vitesse. — La loi d’Helmlioltz ; le retard du muscle ; le « temps perdu ». — L’excitabilité du muscle; son rôle dans l’exercice de vitesse ; sa variabilité suivant les espèces animales : — le colimaçon et l’oiseau ; — sa variabilité suivant les individus et suivant les peuples : — les rameurs hollandais.

Effets des exercices de vitesse. — Effets dus à l’accumulation du travail ; ils ressemblent aux effets de l’exercice de force. — Effets dus à la dépense d’influx nerveux ; résultats sur la nutrition. — Pourquoi la vitesse produit l’amaigrissement.

On appelle exercices de vitesse ceux qui exigent la réuétition très fréquente des mouvements musculaires.

Il y a de très grandes différences entre les divers exercices de vitesse au point de vue de l’intensité du travail. Beaucoup d’entre eux peuvent être cités comme types d’exercices violents : la course par exemple. Beaucoup d’autres, au contraire, nécessitent une si petite dépense de force, qu’ils méritent à peine le nom d’exercice. Un pianiste qui fait des gammes, malgré l’extrême vitesse du mouvement de ses doigts , n’effectue qu’un travail musculaire insignifiant.

Ce qui fait le caractère essentiel de l’exercice de vitesse, c'est la multiplication rapide des mouvements musculaires. Une série d’efforts peu considérables, mais souvent répétés, permettent ainsi d’exécuter en peu de temps un travail considérable sans mettre en jeu des masses musculaires très importantes. En effet, ,dix mouvements exigeant chacun une dépense de force de 10 kilogrammes doivent représenter le même travail qu’un seul

LES EXERCICES DE VITESSE

mouvement dont la dépense de force serait égale à 100 kilogrammes, et l’on comprend aisément que dix mouvements rapides puissent être exécutés dans le même temps qu’un seui : mouvement très lent. Au point de vue de la somme du travail effectué, l’exercice de vitesse peut ainsi être absolument l’équi- ' valent d’un exercice de force.

Les exercices de vitesse, aussi bien que les exercices de force, peuvent donc produire une grande somme de travail en peu de temps. De cette condition commune découlent certains effets identiques, l’essoufflement par exemple. Mais chacun de ces genres d’exercices a son caractère propre, d’où dérivent des résul- ■ tats très différents. Les uns demandent au muscle de donner à . leur contraction toute l’énergie dont ils sont capables ; les autres n’exigent pas que la fibre musculaire se contracte avec toute la \ force possible , mais qu’elle passe , dans un délai très court et i! un grand nombre de fois de suite, du repos à l’action.

Le caractère essentiel des exercices de vitesse, celui duquel ‘ découlent leurs effets physiologiques si remarquables, c’est jus- i tement ce passage alternatif et fréquemment répété des muscles ^ de l’état de relâchement à l’état de la contraction. '

Il y a ainsi à étudier les exercices de vitesse à deux points de ' vue très différents: 1° la rapidité avec laquelle le travail s’accu- ■ mule ; 2“ la vitesse avec laquelle les mouvements se succèdent. ]

L’accumulation rapide du travail dépend de deux facteurs qui sont la quantité de travail représenté par chaque effort musculaire, et le nombre de ces efforts pour un temps donné. Que le travail ] s’accumule par l’intensité des efforts ou par leur nombre, les résul- , tats sont les mêmes. Ainsi , l’essoufflement sera le même après : 100 mouvements représentant 10 kilogrammétres qu’après 10 mou- .. vements représentant chacun 100 kilogrammétres , si , pour les deux cas, la même somme de travail a été effectuée dans le même temps. — Un homme qui monte lentement un escalier avec un très lourd fardeau sur les épaules fait un travail de force. Celui qui se lance à toute allure sur une route en plaine pour une course de vélocité fait un exercice de vitesse. Tous les deux exécutent en très peu de temps une grande quantité de travail , l’un par des mouvements lents dont chacun représente une grande dépense de force, l’autre par des mouvements rapides qui représentent isolément une quantité de travail infiniment moindre, mais qui, multipliant les efforts, finissent par amener une dépense de force considérable.

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