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L ACCUMULATION DU TRAVAIL

Ainsi les exercices de vitesse peuvent, aussi bien que les exer- •cices de force, produire l’accumulation du travail. L’homme qui court, prend, aussi bien que l’homme qui lutte, de l’exercice à « haute dose ».

De cette façon la vitesse peut suppléer à la force et permet de faire bénéficier certains sujets, à muscles faibles, des effets ■généraux de l’exercice violent, sans exiger des efforts très intenses qu’ils ne pourraient pas exécuter. L’intensité des combustions du travail est proportionnelle au total de la force dépensée , soit que cette dépense ait lieu en bloc et d’un seul •effort, soit qu’elle se fasse par fractions successives, à l’aide de petits efforts très rapprochés. Or la production des déchets de combustion, tels que l’acide carbonique, est proportionnelle aussi à l’intensité de combustion, et c’est de la dose d’acide carbonique accumulée dans l’organisme que résultent l’intensité du besoin de respirer, l’ampleur et la fréquence des mouvements respiratoires. Le besoin d’absorber de l’oxygène est intimement lié à l’urgence d’éliminer l’acide carbonique, eX\B. soif d'air devient le résultat inévitable d’un travail musculaire très intense, quel que soit son mode d’exécution, force ou vitesse.

Les exercices de vitesse produisent, aussi bien que les exercices de force, cette soif d'air qui est à la respiration ce que l’appétit est à la digestion. Le saut à la corde, les jeux de poursuite et les nombreux amusements d’enfants qui ont pour caractère essentiel de forcer les joueurs à rivaliser de vitesse, valent, et au delà, les exercices de force, si l’on se place au point de vue de l’hygiène respiratoire. Un enfant qui vient de jouer à la poursuite a absorbé, sans faire aucun effort musculaire pénible et seulement en « se jouant », une plus grande quantité d’oxygène que celui auquel on ferait soulever de lourds haltères. Or l’acquisition de la plus grande quantité possible d’oxygène semble être, en résumé, le plus grand bénéfice cherché quand on demande à l’exercice ses effets généraux dans un hut hygiénique.

Chez les Anciens, les exercices de vitesse ont toujours tenu le premier rang. La course était regardée comme un critérium de la supériorité du gymnaste, et la caractéristique d’Achille dans Homère c’est la vitesse de ses jambes.

Si on met en parallèle les exercices de force et les exercices de vitesse, on leur trouve donc ce caractère commun d’activer la respiration. Mais les exercices de force n’amènent ce résultat qu’au prix d’une fatigue musculaire intense, tandis que les,

LES EXERCICES DE VITESSE

exercices de vitesse permettent de pousser le travail jusqu'à l’essoufflement sans que les muscles soient endoloris par le travail. En effet , quatre mouvements successifs représentant une force de 10 kilogrammes chacun ne soumettent pas les faisceaux musculaires à épreuve aussi pénible qu’un seul mouvement représentant 40 kilogrammes. Il peut arriver, dans l’exercice de force, que l’intensité de la contraction impose aux organes du mouvement parties constituantes du muscle, un tiraillement allant jusqu’aux limites de leur résistance, la dépassant même quelquefois, car les ruptures musculaires aponévrotiques, et même osseuses, sont des accidents fréquents dans les exercices de force. Dans les exercices de vitesse, le muscle ne donne pas, à beaucoup prés, toute la force contractile dont il est capable, sauf dans les rares occasions où les deux éléments force et vitesse sont combinés pour constituer l’exercice forcé.

Or la répétition, même très fréquente, d’une contraction modé • rée ne peut produire dans l’organe des froissements comparables à ceux qui y déterminent des contractions lentes, mais poussées jusqu’aux dernières limites de la puissance musculaire. Pour s’en convaincre, il suflît d’exécuter successivement des mouvements très rapides du bras avec un poids très léger, et des mouvements très lents avec un poids très lourd : on verra combien la seconde épreuve est plus pénible que la première.

L’essoufflement rapide et la prompte intoxication de l’organisme par l’acide carbonique sont les résultats caractéristiques des exercices de force quand il s’y joint une certaine vitesse. La répétition rapide d’un effort musculaire, qui représente déjà à lui seul une grande dépense de force, devra, on le comprend sans peine, produire en très peu de temps une très grande accumulation de travail, en multipliant le chiffre de kilogrammètres que chaque effort représente par le nombre des efforts qui se succèdent en un temps donné.

Les exercices qui exigent à la fois une grande dépense de force et un grand déploiement de vitesse méritent le nom d'exercices forcés. Ils demandent à la machine animale plus de travail qu’elle n’en peut faire , et ne doivent pas être prolongés au delà d’un temps très court, sous peine de déterminer de très graves accidents. Il est rare d’avoir à observer chez l’homme les effets de cette accumulation excessive de travail. Chez les animaux on en voit souvent des exemples , surtout chez le cheval , cette noble bête qui , suivant l’expression de Buffon , « meurt pour mieux

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