‹ Physiologie des passionsChapitre 18 sur 43 · DÉFINITION DE LA PASSION · texte numérisé non relu

DÉFINITION DE LA PASSION

que cette impressionnabilité sert à lui faire sentir ses besoins, lesquels ne sont que les voix entendues des organes demandant à vivre, que ces besoins formulés dans la conscience deviennent des désirs. Cette série de phénomènes constitue le jeu régulier, normal de la vie psychologique ; mais que, par Teffet de Torganisation ou de l'habitude, un besoin prime tous les autres, prenne une forme nouvelle ou engendre un désir énergique et durable comme lui, il est devenu passion.

Passion^ c'est-à-dire désir violent et durable, dominant en roi tout l'être cérébral.

Ce que nous avons dit dans les chapitres précédents nous dispense de donner ici les différences qui distinguent la passion des impressions, des désirs simples, des émotions, faits cérébraux, avec lesquels on Ta jusqu'ici presque toujours confondue, à ce point que dans un livre moderne un auteur estimé nous a donné une liste en trois colonnes des passions principales, liste qu'il dit avoir empruntée à Platon, Aristote, Gicéron, Descartes, Hobbes, etc., et où l'on trouve Tadmiration, Fangoisse, l'allégresse, l'audace, le deuil, la discorde, Testime, la faveur, la bonté, l'irrésolution, les lamentations, les pleurs, la sécurité, le saisissement, etc. (1), une mosaïque disparate.

La base de la passion c'est le désir, et les caractéristiques du désir passionné sont la violence et la durée,

■ De la définition précédente, il résulte qu'un dénombrement complet des passions est impossible. Tout désir peut grandir jusqu'à la passion, et qui pourrait

(1) Lélut, Physiologie de la pensée.

compter les désirs de rhomme? Cela fût-il possible aujourd'hui pour nous, Gaucasiques, que dans cent ans il faudrait changer toute la liste , et qu'aujourd'hui même il faudrait un dénombrement spécial pour chaque race, même pour chaque peuple. Mais si nous ne pouvons cataloguer les passions, nous pouvons facilement les classer, et cette classification sera simplement la reproduction de celle des besoins, des impressions, des émotions, éléments primordiaux de la passion. Nous pouvons donc grouper sous trois chefs toutes les passions humaines, et ici nous sommes certain d*ètre d'accord avec le passé et l'avenir et de tracer un cadre applicable à toutes les races d'hommes sous toutes les latitudes.

L'homme a des passions nutritives, des passions sen*sitives et des passions cérébrales.

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