PRÉFACE
Une idée générale ressort de ce livre : c'est la grande idée moderne, celle que Laraarck, Darwin et leurs émules ont lancée dans le monde scientifique, ridée de révolution, de l'évolution progressive. En décrivant les passions, nous avons essayé d'indiquer à grands traits, de jalonner la route que suivent l'individu et les sociétés pour s'élever de l'état bestial à l'état vraiment humain. A ce propos, quelques réserves sont à faire, et elles n'ont pu être exposées dans le cours de notre ouvrage, forcément limité.
Il est une manière aussi fausse que dangereuse de concevoir la loi du progrès, c'est d'attribuer à cette loi, partout et toujours, une force irrésistible, fatale. C'est à cette interprétation que se rallient volontiers ^ la paresse, l'apathie, l'égoïsme. En effet, si le progrès est la loi du monde, s'il s'effectue envers et contre tous les obstacles, par la seule force des choses, à quoi bon se fatiguer, s'exténuer à sa poursuite?