‹ Physiologie des passionsChapitre 3 sur 43 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

« Claquemurons-nous dans notre pays, dans notre province, dans notre maison ; courbons le dos et ne pensons qu*à nous garer, nous et notre progéniture, des coups et des heurts. Laissons faire le temps, la science, dont nous n'avons souci, la vapeur, Télectricité, etc. »

Sans doute, le progrès a quelque chose de nécessaire, d'inéluctable, mais à condition qu'on l'envisage dans l'humanité tout entière. Dans le détail, et si Ton considère seulement un groupe ethnique, il en va tout autrement. Une nation ne saurait progresser et durer qu'à une condition : d'en être digne, c'est-à-dire d'être bien douée et de faire un constant effort ; car elle n'est point seule dans le monde. Cela résulte de la raison même du progrès, de la sélection, qui, à la longue, assure la victoire au meilleur, dans la lutte pour l'existence. Mais la sélection est impartiale, nullement sentimentale. Son effet se borne, un milieu quelconque étant donné, à assurer la survivance du plus apte à vivre dans ce milieu. En dehors de l'humanité, dans le monde végétal et animal, le résultat général de la loi de sélection est incontestablement le triomphe du mieux doué. Mais, là même, il y a parfois exception, sélection régressive. Ainsi, toutes choses égales d'ailleurs, l'insecte ailé est supérieur à l'insecte sans ailes ; pourtant, si l'un el l'autre habitent une île au milieu de rOcéan, l'abeille

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