‹ Physiologie descriptive des trente beautés de la femmeChapitre 19 sur 50 · AET DRAMATIQUE. — CHANT. — MUSIQUE. — DANSE · texte numérisé non relu

AET DRAMATIQUE. — CHANT. — MUSIQUE. — DANSE

Considérée sous un autre aspect, la femme est beaucoup plus vraie que l’homme, beaucoup plus énergique dans la manifestation extérieure de ses sensations intimes ; c’est pourquoi elle excelle dans la déclamation, la musique, la danse et la mimique. Nos contemporaines, Duchesnois, Georges, Rachel, Mars, Fix, Brohan, Plessy, Déjazet, ces reines du théâtre; — Malibran, Alboni, Tédesco, Grisi, Cruvelli, Sontag, Damoreau-Cinti, Falcon, Stolz, Pauline Garcia, Laborde, Ugalde, Wertemberg, Darcier, Ponchard, Miolan, Lefè-

vre, Duprez, Nau, Daubrée, Poinsot, ces muses aux notes pures et mélodieuses; — Taglioni, Carlotta Grisi, Cerrito, Essler, Rosati, Dumilâtre, .Priora, ces gracieuses déesses de la danse, sont une preuve vivante de l’excellence de la femme dans les arts scéniques.

A égalité de talents, le meilleur acteur ne provoquera point un aussi ardent enthousiasme que l’actrice. Cette supériorité de la femme sur l’homme dépend de son esquise sensibilité, de son impressionnabilité, de la puissance irrésistible de ses yeux, de l’inépuisable jeu de sa physionomie , de l’étonnante flexibilité de sa voix ; enfin, de sa facilité à saisir la pensée du poêle ou du compositeur, à s’en pénétrer et à la rendre comme si elle lui appartenait. Cette harmonieuse éloquence de l’organisation féminine, qui la rend le miroir fidèle des impressions du cœur et de l’âme, est la source des plaisirs variés que nous procure la société des femmes.

La composition musicale a aussi ses illustrations féminines.

Madame Jaquet de la Guerre a laissé un opéra, plusieurs cantates admirées de Mozart, et un Te Deum.

Mademoiselle Bertin fit jouer, il y a déjà plusieurs années, un opéra de sa composition, où l’on remarquait de délicieuses mélodies; il est à regretter que cette dame n’ait pas persévéré dans la carrière musicale.

Mademoiselle Püjet a produit un opéra-comique, et nous donne, chaque année, un charmant album de romances qui font les délices des soirées.

Madame Victoria Arago marche heureusement sur les traces de sa devancière, et a déjà publié plusieurs albums pleins de sentiment.

Madame Mélanie Dentü, dont les compositions offrent de si remarquables contrastes de grâce touchante et d’énergie puissante, a pris rapidement sa place parmi nos musiciennes en réputation.

Le piano et l’orgue comptent une foule de sujets distingués parmi les femmes ; il suffira de nommer mesdames Pleyel, Farrenc, Wartel, Coche, Massart, deBarival; mesdemoiselles Martin, Clauss, de Halleville, Matmann, Goddillon, de Lalanne.

Plusieurs femmes se sont fait un nom comme violonistes. Les jeunes Milanollo, à peine âgées de dix et onze ans, étonnèrent, il y a quelques années,

le public parisien, et le charmèrent en exécutant, sur le violon, avec une pureté remarquable, les morceaux les plus difficiles. —Mademoiselle Bertrand opère sur la harpe de véritables prodiges.

Notre Conservatoire couronne tous les ans de jeunes demoiselles du premier mérite en musique vocale et instrumentale. —La musique faisant aujourd’hui partie de l’éducation des jeunes demoiselles, il n’est point de ville, en France, qui ne possède une ou plusieurs pianistes de très-bonne force.

SECTION XVIII

Page 1