LB BARBIER DB L'HOPITAL
Est moins neuf, mais il a aussi sa petite industrie. Gomme son con&ère des prisons, ses barbes sont à dix centimes, à charge par lui d'opérer gratuitement des tonsures à la première réquisition des médecins* Gela ne r enrichit pas, mais il se rattrape plus tard.
Quand son service est fini , vers les deux heures de Taprès-midi , il rentre chez lui, se revêt d'une robe de chambre à grands ramages et donne des consultations. — S'il a su se mettre bjen avec les internes de l'hôpital, il va même jusqu'à donner des potions... oh ! bien innocentes !
Eh bien, il a fait certaines cures qui l'ont accrédité dans un certain monde !
Ses clients l'ont surnommé le barbier Ricord,
Décidément, en médecine, il n'y a que la foi qui sauve!
Passons à d'autres types.
LE BARBIER AtTX PIEfeROTB
Spécialité assez curieuse.
Gilmer, rue Phélippeaux, 32, au premier, est un spécialiste dans cette catégorie. Sa clientèle se compose de gens qui ne se lavent jamais : forgerons, charbonniers, claqueurs de certains théâtres, etc. En revanche, ils se font raser, ce qui produit sur leur figure des contrastes de propreté assez particuliers.
Pour éviter ce ridicule, ils demandent alors un pierrot^ c'est-à-dire une couche de savon appliquée à Taîde du blaireau sur la figure .
Là, — comme chez bien d'autres plus huppés, . — la poudre de riz qu'on emploie, n est autre que de la poudre d'albâtre, cela coûte moins cher, et Gilmer qui manie à la fois le rasoir et l'objectif ne manque jamais d'en enduire ses clients quand ils veulent se faire photographier.
Bon moyen pour n'avoir pas de trop noires épreuves.
Chez Gilmer, on s'essuie à la serviette commune qui est enroulée sur deux bâtons.
Pour les vieillards édentés et tremblotants, dont les joues caves ne permettent P^s au rasoir de voltiger légèrement, certains barbiers populaires ont imaginé plusieurs moyens pour tendre leurs joues. C'est d'à-
bord une cuiller, puis c'est une noix, et enfin c'est le pouce.
Dans le quartier Mouffetard, ce dernier moyen est préféré, seulement le client demande que préalablement le barbier trempe son pouce dans du cognac.
Je n'ai rien à dire de l'outil dont on se sert pour raser, dans le quartier Mouffetard, lorsque je songe que les sauvages de la Po^ lynésie, il n'y a pas deux ans, se rasaient avec des culs de bouteilles !î