UNE BOUTIQUE DE COIFFEUR
peut se monter sans trop de frais. Une fois établie pour la profession, c'est-à-dire meublée et ornée, les marchandises spéciales se trouvent facilement. Gellé ou Pinaud vous la garnissent de parfumeries sans demander un sou d'avance. Ce qu'ils veulent, n'est pas un règlement immédiat, c'est surtout la vente de
leurs produits. Six mois après, ils viennent s'enquérir de vos besoins, renouveler votre provision, régler votre compte si vous n'avez pas su vendre, et augmenter votre crédit, si par votre intelligence vous avez écoulé leurs produits.
J'appellerai ce système la Publicité utilitaire.
Les produits de ces parfumeurs ont, d'ailleurs, une incontestable supériorité. Citer la Crème d'ananas et la Pâte de velours^ c'est indiquer les tendances lénitives et succulentes de leurs compositions.
Ah 1 BuUy est bien détrôné I
Allez chez le moindre coiffeur et demandez du vinaigre de Bully, on vous renverra chez l'épicier : le vinaigre du jour est framboise à la violette 1... Bully!... les nez ont bien changé !
Du r€ste, aujourd'hui, les cosmétiques ont
des appellations vraiment poétiques et fantaisistes.
11 y a pour les dents : le Carboquinarose !
Pour teindre les cheveux : la Nigritine.
Pour les nettoyer : la Céphaline et Y Aman" dolisse.
Que dites-vous du Cold-cream au lottes de Libye ? Et du Denio-Gencival ?
Je m'arrête :
Timeo rëglamas non dona ferentes.
La boutique garnie de cosmétiques Test bientôt de cravates^ faux-côls, gants, etc* H n'y manque plus que