LB BARBIER VALET DE CHAMBRE
Celui-là, devenu rare, est le type de T ancien barbier. Il cause, il rit, il sait les nouvelles, il brosse les habits, les boutonne, donne là canne ou le parapluie , • ouvre la porte, en un mot c'est le seul qui accomtnode véritablement le client.
Qu'on ne prenne point l'appellation de va-
let de chambre dans racception servile du mot, je veux dire seulement officieux.
Lasseray fait partie de cette catégorie.
C'est un homme habile, adroit et poli. Il soigne un monde officiel qu'il satisfait pleinement.
Je vais vous raconter son voyage à Rome.
Lors du baptême du Prince Impérial, Lasseray coiffait un grand personnage dont j'ai oublié le nom, mais qui était chargé d'aller à Rome au-devant du nonce du Pape.
Ce grand perisonnage, une fois coiffé, ne pouvait seul mettre son habit, mais Lasseray était là, et déposant peigne et pommade, il se mit à habiller Son Excellence.
— Eh mais, dit . le grand personnage, vous vous y entendez, M. Lasiîeray, et vous feriez joliment mon affaire dans le voyage que je vais entreprendre.
— Où se rend Monseigneur ?
— Je vai* à Rome.
— Ma foi, Monseigneur, je n'ai jamais vu Rome, je veux bien vous acôompagner.
Et de fait Lasseray partît avec lui.
A Marseille, l'ambassadeur reçut contreordre ; il dut revenir à Paris et confier ses pouvoirs à un autre ambassadeur.
Lasseray apprit ce contre-temps et comme il tenait plus que jamais à voir la ville éterneUe^ il se présenta à huit heures du matin chez le nouvel ambassadeur.
— Je viens habiller Son Excellence !
— Genumeni vous ? qui êtes-vous ?
— Je suis le coiflfeur de Son Excelieflce, Lasseray, e'est moi qui ai accompagné jusqu'à Marseille votre prédécesseur et je lui ai été tetlement utile que je pen^e pouvoir vous rendre les mêmes servîCv i «i«/ ^
Après le premier coup de peigne et le
second coup de brosse, Fambassadeur ne résista plus.
C'est ainsi que Lasseray put visiter le Vatican.