‹ Physiologie du goût (volume 2)Chapitre 169 sur 179 · CHANSON DE DÉMOCARÈS AU FESTIN DE DENIAS · texte numérisé non relu

CHANSON DE DÉMOCARÈS AU FESTIN DE DENIAS

Cette chanson est tirée du Voyage du jeune Anacharsis : cette raison suOit.

Buvons, chantons Bacchus,

Il se plaît à nos danses, il se plaît à nos chants : il étouffe l'envie, la haine et les chagrins. Aux Grâces séduisantes, aux Amours enchanteurs, il donna la naissance.

Aimons, buvons, chantons Bacchus.

L'avenir n'est point encore, le présent n'est bientôt plus; le seul instant de la vie est l'instant de la jouissance.

Aimons, buvons, chantons Bacchus.

l. Les Anglais et les Hollandais mangent à déjeuner du pain, du beurre, du poisson, du jambon, des œufs, et ne boivent presque jamais que du thé.

324 vahiétés

Sages de nos folies, riches de nos plaisirs, foulons aux pieds la terre et ses vaines grandeurs; et dans la douce ivresse que des moments si beaux font couler dans nos âmes. Buvons, chantons Bacchus.

{Voyage du jeune Anacharsis en Grcce, tome II, ch. XXV.)

Celle-ci est de Motin, qui, dit-on, fit le premier en France des chansons à boire. Elle est du vrai bon temps de l'ivrognerie, et ne manque pas de verve.

AiP, :

Que j'aime en tout temps la taverne!

Que librement je my gouverne!

Elle n'a rien d'égal à soi; J'y vois tout ce que je demande :

Et les torchons y sont jiour moi ..' . De fine toile de Hollande.

Pendant que le chaud nous outrage, On ne trouve point de bocage Agréable et frais comme elle est; Et quand la froidure m'y mène.

Un malheureux f;.got m'y plaît Plus que tout le Lois de Vincenne.

J'y trouve à souhait toutes choses- Les chardons m'y semblent des roses, Et les tripes des ortolans; L'on n'y combat jamais qu'au verre.

Les cabarets et les brelans . Sont les paradis de la terre.

C'est Bacchus que nous devons suivre; Le nectar dont il nous enivre A quelque chose de divin.

Et quiconque a cette louange D'être homme sans boire du vin, S'il en buvait, serait un ange.

Le vin me rit, je le caresse; ^ .. C'est lui qui bannit ma tristesse

Et réveille tous mes esprits :

Nous nous aimons de même sorte #

Je le prends, après j'en suis pris; J eie porte- et puis il m'emporte. ••='• - *

Quand j'ai mis quarte dessus pinle.

Je suis gai, Toreille me tinte,

Je recule au lieu d'avancer:

Avec le premier je me frotte,

Et je fais, sans savoir danser.

De beaux entrechats dans la crotte.

Pour moi, jusqu'à ce que je meure, Je veux que le vin blanc demeure Avec le clairet dans mon corps, Pourvu que la |iaix les assemble :

Car je les jetterai dehors, S'ils ne s'accordent bien ensemble.

La suivante est de Racan, un de nos plus anciens poètes ; elle est pleine de grâce et de philosophie, a servi de modèle à beaucoup d'autres, et paraît plus jeune que son extrait de naissance.

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