‹ Physiologie du goût (volume 2)Chapitre 170 sur 179 · A MAYNARD · texte numérisé non relu

A MAYNARD

Pourquoi se donner tant de peiae?

Buvons plutôt à perdre haleine, De ce nectar délicieux, Qui, pour l'excellence, précède Celui même que Ganymi'-de Verse dans la coupe des dieux.

C'est lui qui fait que les années Nous durent moins que les journées; C'est lui qui nous fait rajeunir, Et qui bannit de nos pensées Le regret des choses passées Et la crainte de l'avenir :

Buvons, Maynard, à pleine tasse, L'âge insensiblement se passe, Et nous mène à nos derniers jours; L'on a beau faire des prières.

Les ans, non plus que les rivières, Jamais ne rebroussent leur cours.

Le printemps, velu de verdure.

Chassera bienlùt la froidure; La mer a son flux et reflux;

Mais, depuis que notre jeunesse Quitte la place à la vieillesse.

Le temps ne la ramène plus.

Les lois de la mort sont fatales Aussi bien aux maisons royales Qu'aux taudis couverts de roseaux; Tous nos jours sont sujets aux Parques; Ceux des bergers et des monarques Sont coupés des mêmes ciseaux.

Leurs rigueurs, par qui tout s'efface, Ravissent, en bien peu d'espace, Ce qu'on a de mieux établi.

Et bientôt nous mèneront boire, Au delà de la rive noire, Dans les eaux du fleuve d'oubli.

Gelle-ci est du professeur, qui Ta aussi mise en musique. Il a reculé devant les embarras de la gravure, malgré le plaisir qu'il aurait eu de se savoir sur tous les pianos; mais par un bonheur inoui, elle peut se chanter et on la chantera sur l'air du vaudeville de Figaro.

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