VERS
POUR Ém MM Au ftAB t>B PORTRAIT DE H. BEMRIOR DE PEM8ET.
Dans ses doctes tratAut il fut infatigable ;
Il eut de grands emplois, qu*ll remplit dignement:
Et quoiqu'il fût profond , érudit et savant,
11 ne se crut jamais dispensé d'être aimable.
M. le président Henrion reçut, en 1814, le portefeuille de la justice, et les employés de ce ministère ont gardé la mémoire de la réponse qu'il leur fit, lorsqu'ils vinrent en corps lui présenter un premier hommage.
c Messieurs, leur dit-il avec ce ton paternel qui sied si bien à sa c haute taille et à son grand âge, il est probable que je oe restec rai pas avec vous assez de temps pour vous faire du bien; mais c du moins soyez assurés que je ne vous ferai pas de oiaL >
INDICATIONS. m
Voilà mon ouvrage fini ;'et oependanl, pour montrer que je ne sttie pas hors d*baleine« je vais faire d'une pierre troia coups*
Je donnerai à mes lecteurs de tous les pays des indications dont ils feront leur profit ; je donnerai à mes artistes de prédilection un souvenir dont ils sont dignes, et je donnerai au public un échantillon du bois dont je me chauffe^
i* Madame Chevet, magasin de comestibles, Palais-Royal, 990, près du Théâtre-Français. Je suis pour elle un client plus fidèle que gros consommateur : nos rapports datent de son apparition sur rhorizon gastronomique, et elle a eu la bonté de pleurer ma mort; ce n'était heureusement qu*une méprise par ressemblanoe.
Madame Chevet est l'intermédiaire oblige entre la haute cornestlbilité et les grandes fortunes. Elle doit sa prospérité à la pureté de sa foi commerciale : tout ce que le temps a atteint disparaît de chez elle comme par enchantement. La nature de son commerce exige qu'elle fasse un gain assez prononcé ; mais le prix une fois convenu, on est sûr d'avoir de l'excellent.
Cette foi sera héréditaire; et ses demoiselles, à peine échappées à Tenfance, suivent déjà invariablement les njéroes principes.
Madame Chevet a des chargés d'affaires dans tous les pays où peuvent atteindre les vœux du gastronome le plus capricieux ; et plus elle a de rivaux, plus elle s'est élevée dans l'opinion.
2* M. AcHARD, pâlissier-petil-fournicr, rue de Grammont, n° 9, Lyonnais, établi depuis environ dix ans, a commencé sa réputation par des biscuits de fécule et des gaufres à la vanille qui ont été longtemps inimitées.
Tout ce qui est dans son magasin a quelque chose de fini et de coquet qu'on chercherait vainement ailleurs ; la main de l'homme n'y parait pas. On dirait des productions naturelles de quelque
pays endianté : aussi, tout ce qui se fait chez lui est enlevé le jour même, on peut dire qu'il n*a point de lendemain.
Dans les beaux jours équinoxiaux, on voit arrivera chaque instant rue de Grammont quelque brillant carriole , ordinairement chargé d*un beau titus et d'une jolie emplumée. Le premier se précipite chez Achard, où il s'arme d'un gros cornet de friandises. À son retour, il est salué par un : c 0 mon ami ! que cela a bonne c mine! » ou bien, c 0 dear! hau) it looks good! my ntoufA/.... » Et vite le cheval part, et mène tout cela au bois de Boulogne.
Les gourmands ont tant d'ardeur etde bonté, qu'ils ont supporté pendant longtemps les aspérités d'une demoiselle de boutique disgracieuse. Cet inconvénient a disparu; le comptoir est renouvelé et la jolie petite main de mademoiselle Anna Achard donne un nouveau mérite à des préparations qui se recommandent déjà par ellesmêmes.
3^ M. LiMRT, rue de Richelieu, n"" 79, mon voisin, boulanger de plusieurs altesses , a aussi fixé mon choix.
Acquéreur d'un fonds assez insignifiant , il Ta promptement élevé à un haut degré de prospérité et de réputation.
Ses pains taxés sont très beaux ; et il est difficile de réunir dans les pains de luxe tant de blancheur, de saveur et de légèreté.
Les étrangers, aussi bien que les habitants des départements , trouvent toujours chez M. Limet le pain auquel ils sont accoutumés; aussi les consommateurs viennent en personne , défilent et font quelquefois queue.
Ces succès n'étonneront pas quand on saura que M. Limet ne se traîne pas dans l'ornière de la routine, qu'il travaille avec assiduité pour découvrir de nouvelles ressources, et qu'il est dirigé par des savants du premier ordre.