VI INTRODUCTION
leur pensée qui assigne leur rang dans votre vénération ; mais il en est quelques-uns dont on veut savoir la vie, sur lesquels on recherche précieusement et on recueille avec avidité les moindres détails, — pour les autres nous nous contentons de lire leurs écrits et de les admirer, tandis que les premiers sont nos amis. — On peut prendre pour type de ces deux impressions Voltaire et J.-J. Rousseau. On aime les fleurs qu'aimait Rousseau , et son souvenir donne une teinte toute particulière au paysage des lieux qu'il a habités. — Voltaire est tout dans ses livres et on ne le cherche pas ailleurs.
M. Brillât Savarin était un asprit charmant, — mais je ne pense pas qu'on tienne à savoir quelle était au juste la couleur de ses cheveux. — On ne se demande pas s'il a été amoureux. — Nous serons donc sobres de détails biographiques. — Anthelme Brillât Savarin — naquit à Belley , au pied des Alpes , le 1®' avril 175o.
— Q était avocat, lorsqu'en 1789 il fut député à l'Assemblée constituante.
Maire de Belley en 1793 , il fut obligé de se réfugier en Suisse pour échapper à la tourmente révolutionnaire.
Proscrit pendant quatre ans , tant en Suisse qu'aux Etats-Unis,
— professeur de langue française, — musicien à l'orchestre du théâtre de New-York. — s'il dut son existence matérielle à ses talents, — il dut la sérénité et le bonheur à sa douce philosophie.
Rentré en France en septembre 1796 il occupa diverses fonctions, — jusqu'à ce que le choix du sénat l'appelât à la cour de cassation où il a passé les vingt-cinq dernières années de sa vie , qui fut jusqu'à la fin douce et calme, entourée d'estime et d'unitées.