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Wenham, L’Aéronaute, 1876, p

pas de même des ailes, car celles-ci trouvent dans l'air le point d'appui nécessaire pour soutenir l'oiseau et pour lui imprimer sa vitesse, ainsi qu'on le dira plus loin.

Les ailes, 1l est vrai, quand elles se présentent à l'air sous certaines incidences, y trouvent très peu de résistance. On à vu qu'avec les ailes légèrement serrées près du corps, l’oiseau prend des vitesses très grandes. C’est dans cette attitude que les Rapaces fondent sur leur proie avec une rapidité qui ne permet pas à l'œil de les suivre ($ 4). Mais que l’oiseau, au lieu de fendre l’air du tranchant de ses ailes, étale au contraire celles-ci comme pour s’en faire un parachute, aussitôt on le voit ralentir sa vitesse et descendre avec une grande lenteur. :

Les expériences rapportées au chapitre précédent expliquent déjà ces variations de la résistance que l’aile éprouve dans l'air. La surface empennée, quand elle s'oriente perpendiculairement à la direction de son mouvement, se comporte comme ces plans minces, de bois ou de carton, dont la résistance a été si souvent mesurée, au moyen d'appareils rotatifs.

Toutefois, l'aile diffère, à bien des égards, de ces palettes plates, emmanchées au bout d’un long rayon tournant : sa surface est bien plutôt comparable à celle d'un triangle; en outre, elle n'est pas plane : la forme arquée de son squelette et la cambrure de ses rémiges lui donnent une concavité assez prononcée. Or, cette concavité correspond précisément à la face inférieure, à celle qui agit sur l'air. Ces caractères du mouvement et de la forme de l’aile ont, sur la résistance qu’elle rencontre dans l'air, une influence qu'il importe de connaître.

$ 137. Résistance de l'air au mouvement rotatif d'un plan qui se déplace autour d'un de ses bords. — Dans les expériences faites sur des surfaces animées de mouvements rectilignes, tous les points de ces surfaces avaient la même vitesse ; on cherchait même à s'approcher de ces conditions, dans les mouvements circulaires imprimés à des palettes minces, en plaçant ces palettes au bout d’un long rayon monté sur un axe central.

L’aile de l'oiseau serait plutôt assimilable à une surface

triangulaire, allongée, qui tournerait autour de son petit côté. Dans ce genre de mouvement, les points inégalement éloignés de l’axe de rotation sont animés de vitesses inégales ; ils trouvent dans l’air des résistances qui croissent comme le carré de leur vitesse, c'est-à-dire de leur distance à l’axe du mouvement.

Toutes ces résistances inégales, agissant sur divers points de l'aile, ont une résultante, c’est-à-dire qu’elles pourraient être remplacées par une force unique appliquée en un certain point de la longueur de l'aile. C’est un des problèmes les plus importants de la théorie mécanique du vol, que la détermination du point d'application de la résultante des pressions de l'air sur l'aile.

Les géomètres ont résolu des problèmes analogues, en considérant des plans minces de formes régulières, friangles ou rectangles, tournant autour d’un de leurs côtés. Ils ont assigné au centre d'action de la résistance de l’air les positions suivantes :

41° Pour un rectangle qui tourne autour de l’un de ses côtés, le centre d'action de l’air se trouve sur la ligne élevée perpendiculairement sur le milieu de ce côté et aux 3/4 de la longueur de cette ligne, en comptant à partir de l’axe du mouvement.

2° Pour le triangle, le centre d'action de l'air serait sur la

ligne qui, partant du milieu du côté autour duquel se fait le mouvement rotatif, atteindrait l'angle opposé, et aux 3/5 de la longueur de cette ligne, en comptant à partir de l'axe du mou-

vement!.

1. Prechtl a évalué tout autrement le point d'application de la résistance de l'air ; il a cru pouvoir le confondre avec le point de moyenne résistance. Kargl lui reproche cette confusion comme une erreur; et pour montrer la différence qui résulterait, dans la détermination du moment de la résistance de l'air, suivant qu'on identifierait ou non ces deux points, ilprend pour exemple deux surfaces de forme différente, le rectangle et le triangle. En appelant n la distance du point d'application de la résistance de l'air, on trouverait les valeurs suivantes :

\ d'après Prechtl, n — 0,63 | d'après Kargl, n = 0,57 | d’après Prechtl, n — 0,556 | d'après Kargl, n — 0,479

Pour le rectangle

Pour le triangle

En réalité, l'aile d’un oiseau n’est ni un rectangle ni un triangle; sa forme est intermédiaire à celle de ces deux figures. On se rapprochera donc de la vérité en prenant, pour position du centre d’action de l'air, un lieu intermédiaire aux deux points eidessus indiqués. Aïnsi, on peut admettre que Le centre d'action de l'air sur l’aile est sensiblement aux 2/3 de sa longueur comptée à partir de l'articulation de l'épaule.

Au siècle dernier, Silberschlag' admettait que le centre d'action de l'aile, ou point d'application de la résistance totale de l'air, est situé dans le voisinage du carpe?, un peu en dedans et en arrière de cette région.

Mais c'est aux 2/3 de la longueur de l’aile que l’on doit placer le centre d’action de la résistance de l'air d’après Kargl°, Pénaud ‘ et la plupart des auteurs qui, plus récemment, se sont occupés de ce problème.

$ 138. De l’action de l'air sur les surfaces courbes. —Cayley semble avoir, le premier, tenu compte de la forme concave de l'aile, qu'il considère comme accroissant beaucoup la résistance qu'elle rencontre dans l’air. Mais, pour apprécier exactement les effets de la courbure de l’aile, les expériences des physiciens sont encore insuffisantes : elles ont porté, jusqu'ici, sur des courbes simples et de forme invariable*, tandis que la surface de l'aile

1. Silberschlag, Von dem Fluge der Vügel(Schriften den Berlinischen Gesellschaft, Naturforschende Freunde. Bt II, 4781-1784, p. 214).

2. Il serait curieux que ce point fût fixe sur toutes les formes d'ailes; en tout cas, le contrôle de la théorie de Silberschlag mérite de tenter des calculateurs.

3. Kargl, Zur Mecanik des Fluges (Civil ingénieur, Ba XVI. Zurich, 4870).

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