‹ Physiologie du mouvementChapitre 60 sur 119 · D'Argyll, L'Aéronaute, juin · texte numérisé non relu

D'Argyll, L'Aéronaute, juin

mité flexible une corde qu'on tend comme celle d’un arc, en l'attachant au corps même du bâton, vers son tiers inférieur. Deux autres petits morceaux de bambou sont liés à la tige principale, également courbés en arcs et reliés à la corde qui en rattache tous les sommets entre eux. Sur cette carcasse légère, on colle de l’étoffe ou du papier ; voilà l’appareil tout fait pour la démonstration.

Fig. 139. — Aïle artificielle construite d’après le procédé de M. Pline.

Qu'on saisisse le bambou par son manche, et qu'on essaie de frapper l’air à plat, il sera absolument impossible de diriger le coup directement en bas. Plus on y mettra de force et par conséquent de vitesse, plus le bras sera violemment dévié par l'aile factice qui se porte du côté de sa nervure. Rien de plus saisissant que cette petite expérience qui donne, à celui qui la répète, la sensation de la réaction de l'air, et en fait comprendre la puissance, mieux que toute explication.

Si l’on veut compléter l’épreuve et rendre évident le sens du mouvement de l'air, on exécute l'expérience entre deux bougies allumées : celle qui est du côté de la nervure n’éprouve aucune agitation ; l’autre est éteinte, même à une grande distance, par le souffle violent qui s'échappe du bord mince de l'aile. Il n’est donc pas besoin que l'aile, en s’abaissant, se porte en arrière comme la rame d’un bateau, pour produire une réaction qui pousse l'oiseau en avant.

Bien plus, suivant la juste observation de Cayley', le mouvement de l’aile en arrière serait inefficace à propulser l’oiseau, à moins d’un coup d’aile d’une rapidité extrême et telle qu'on ne l’observe pas dans le vol de l'oiseau. Supposons en eflet qu'un

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