‹ Physiologie du mouvementChapitre 67 sur 119 · D'Esterne; l6c. cit, p · texte numérisé non relu

D'Esterne; l6c. cit, p

2. Liais, C. R. de l’Académie des sciences, t. LIX, p. 907, 1864.

Une vitesse acquise est la condition préalable du vol plané; on peut s’en convaincre, en examinant les diverses circonstances dans lesquelles ce vol se produit.

$ 179. Circonstances dans lesquelles s'observe le vol plané. — Quand un oiseau a donné des coups d'ailes pendant un cer-

tain temps, il peut suspendre un instant ses battements et conti-

nuer à glisser sur l’air; d’autres fois, on le voit se laisser tomber d’un lieu élevé, puis, quand il a acquis une vitesse suffisante, ouvrir les ailes et s’avancer en planant. La force vive acquise dans la chute entraîne l’oiseau, comme la corde que l’on tire entraîne le cerf-volant.

Des temps de planement, interrompant Le rythme régulier du vol ramé, s’observent très souvent sur les Hérons, les Cigognes, les Buses, les Goélands, en somme sur tous les oiseaux pourvus d'ailes étendues. C’est à ce genre de vol que Liais faisait allusion lorsqu'il écrivait en 1861 : « Dans ce vol, l'oiseau s'élève sur l'air en perdant de la vitesse acquise par les coups d'ailes ; ses ailes sont obliques en bas et en arrière". » L’œil n’aperçoit pas toujours la perte de hauteur dont l'existence est théoriquement admise pendant le planement. Du reste, cette perte de hauteur n’est pas obligée; l’observation montre que l'oiseau peut, non seulement planer sans descendre, mais, au besoin, gagner de la hauteur, à la condition de perdre une plus grande partie de sa vitesse. La manœuvre du Faucon décrite sous le nom de pointe ($ 4) et dans laquelle l'oiseau chasseur #rousse sa proie est un planement ascendant. Cet acte ne se produit utilement que si l'oiseau chasseur a gagné du chemin sur l’oiseau chassé, et s'il se trouve au-dessous, mais en avant de lui. La pointe a pour effet de faire gagner au Faucon de la hauteur, de sorte qu'il atteigne sa proie par-dessous.

L'autre genre de planement est celui dans lequel l'oiseau, ayant acquis de la vitesse en se laissant tomber d’un lieu élevé, utilise sa force vive pour se transporter, sans coups d'ailes, à

1. Liais, C. R. de l’Académie des sciences, t. LIT, p. 696, 1861.

une certaine distance, ou pour remonter à une certaine hauteur ; ce genre de vol s’observe fréquemment.

Quand un Pigeon, perché sur Le bord d’un toit, veut descendre à terre, 1l Le fait en planant. Toutefois, les manœuvres de l’oiseau sont différentes, suivant que le point où il se propose d’atterrir est placé verticalement au-dessous du point de départ, ou plus ou moins éloigné de cette verticale.

Dans le premier cas, le Pigeon peut descendre verticalement en déployant les ailes et la queue, de manière à prendre un triple appui sur l'air. Mais alors la vitesse de chute est excessive, et l'oiseau, un peu avant d’atterrir, doit éteindre cet excès de vitesse au moyen de coups d'ailes d'arrêt. Parfois, pour atteindre son but avec moins de vitesse de chute, le Pigeon décrit des orbes descendants dont le rayon est d'autant plus grand que l’arrivée sur le sol devra être plus retardée.

Si, au contraire, le point d'arrivée est, dans le sens horizontal, assez éloigné du point du départ, l’oiseau y atteindra, soit en se laissant glisser suivant une ligne inclinée, soit en donnant de rares coups d'ailes si la vitesse que la pesanteur lui communique est insuffisante pour le porter jusqu’à son but, par simple glissement sur l'air.

Ici vient se placer une question importante : Quelle est la plus grande distance horizontale qu'un oiseau puisse parcourir, en se laissant glisser d’une hauteur donnée?

S 180. Rapport de la hauteur perdue à la longueur horizontalement parcourue, dans le planement descendant. — D'Esterno croit avoir observé que la distance parcourue par l'oiseau, dans le sens horizontal, peut atteindre huit fois la hauteur perdue. A ce compte, la trajectoire de l'oiseau ferait avec l'horizon un angle de 7 degrés.

Pour Mouillard ?, l'oiseau qui glisse sur l’air descendrait sous un angle de 10° et parcourrait horizontalement 5 mètres, pour chaque mètre de hauteur perdue.

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