‹ Physiologie du mouvementChapitre 69 sur 119 · Mouillard, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Mouillard, loc. cit., p

la façon d'un gouvernail, dans le sens vertical; soit par le déplacement de l’aile en arrière, ainsi qu'on vient d’en voir des exemples; soit enfin, chez certaines espèces, par l'allongement du cou. Le Héron, dans le vol ordinaire, tient le cou replié et la tête entre les épaules ; s'il est poursuivi par quelque oiseau de proie, il allonge le cou et gagne de la vitesse.

$ 186. Plus le centre de gravité est porté en avant, plus l'oiseau plane avec vitesse. — Cette sorte d’aphorisme s'appuie, non seulement sur l'observation des oiseaux, mais sur le résultat des expériences faites avec les appareïls planeurs ci-dessus décrits. Dans la construction ordinaire de ces appareils, on se sert, comme lest, d'une boule de cire traversée par une aiguille le long de laquelle on peut la faire glisser. Suivant que la boule de cire est portée en avant ou en arrière, le centre de gravité de lappareil tout entier subit des déplacements de même sens. Or, jusqu'à une limite qu'il sera intéressant de préciser, plus on porte en avant le centre de gravité du planeur, plus sa trajectoire est voisine de l’horizontalité. L’explication de ce fait semble être la suivante : le déplacement du centre de gravité de l'appareil en avant est nécessaire, afin de conserver l'équilibre pendant le planementrapide, malgré le déplacement en avant qu'éprouve alors le point d'application de la résistance de l’air.

S 187. Mouvements ondulatoires de certains appareils planeurs ; leur explication. — Les petits planeurs en papier présentent parfois un phénomène très curieux qui semble produit par les déplacements du point d'application de la résistance de l'air, suivant les lois d’Avanzini. Quand ces appareils ont des ailes étroites, on les voitsouvent prendre un mouvement de balancement, pendant leur translation horizontale, et progresser suivant une trajectoire onduleuse, alternativement ascendante et descendante. On voit aussi que la phase ascendante s'accompagne de ralentissement, la phase descendante,

d'accélération; enfin que, pendant la montée comme pendant la descente, l'axe de l'appareil est incliné suivant la même direction que l’axe du vol.

Voiei comment les lois d'Avanzini expliquent ce phénomène. L'appareil, bien entendu, est rigide et ne peut modifier l’inclinaison de ses ailes par rapport à l’axe du corps; mais quand la chute a produit une accélération suffisante, la résistance de l’air, qui agissait d'abord au milieu de la surface des ailes, se porte au voisinage de leur bord antérieur. Le planeur déséquilibré tend à basculer en arrière et relève son avant. Alors l'inclinaison des ailes sur leur trajectoire présente la direction qui faitmonter l'appareil contre la pesanteur; cetappareil monte donc, mais en même temps il perd de sa vitesse par l’action retardatrice de la pesanteur. Or, par l'effet même de ce ralentissement, le centre de pression de l'air revient coïncider avec le centre de figure des ailes, l'équilibre est rompu en sens inverse, et l’appareil s'incline le bec en bas. Par le fait de cette orientation, le planeur suit une marche descendante que la pesanteur accélère. Dès que la vitesse aura atteint un degré suffisant, le point d’application de la résistance de l'air se portera de nouveau en avant et le planeur recommencera une ondulation ascendante".

1. Mouillard a été certainement témoin de ces phénomènes. Mais il les attribue (loc. cit., p. 210) à un déplacement du centre de gravité des corps en mouvement. Ainsi, quand il décrit les tournoiements de sens constant qu’un rectangle de carton bristol exécute dans l'air, Mouillard admet sans preuves que, par l’effet de la translation du carton, le centre de gravité de celui-ci a dû se porter en arrière du centre de figure. Dès lors, l'arrière du carton devenu plus lourd s’abaisserait plus que l'avant et la rotation s’ensuivrait avec son sens défini. En appliquant la loi d'Avanzini, on doit expliquer rationnellement le même fait de la façon suivante : Le centre de pression de l’air se portant en avant du centre de figure, l'arrière du carton bascule et commande ainsi le sens du mouvement giratoire.

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